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Eddy Merckx a marché sur la lune – L’Eveil du printemps

Armel Roussel

En bref

Un  metteur en scène, deux projets: « Eddy Merckx a marché sur la lune » de Jean-Marie Piemme et « L’Eveil du printemps »... Lire l'article

Eddy Merckx a marché sur la lune - L'Eveil du printemps

« L’éveil du printemps »

Sur un plateau nu, peut-être en terre battue, un peu comme une place de village, 14 interprètes. Quelques lampions, un petit groupe fait des covers sur une estrade instable. Les spectateurs entrent. Nous n’y jouons pas encore les personnages. Nous sommes nous-mêmes. Puis, une fiction s’installe… sans que nous la voyions venir, dans un crescendo intense et physique.
Un espace unique lyrique et organique, mutant comme les adolescents et comme le temps.
L’Eveil du printemps écrit en 1891 décrit bien un état de mutation, celui si particulier où l’enfant se mue en adulte. Sous-titrée « tragédie enfantine », les questions qui y sont soulevées sont celle de la Vie, la sexualité, le désir, le bien et le mal, la religion, la morale et la mort. La pièce aborde sans tabou la violence, le suicide, le viol, l’homosexualité, la masturbation, l’échec, la peur… et cette grande affaire que d’être adulte et responsable. Mais sans en devenir une pièce à thèse, elle garde de bout en bout une forme d’humour, d’ironie y compris dans ses moments les plus dramatiques.
L’Eveil du printemps avance en tableaux à la fois successifs, parallèles et parfois concomitants. Melchior, Wendla, Moritz, Ilse, Martha, Hans, Théa, Ernst ! Martha prie pour qu’on ne la batte plus, tandis que Wendla rêve de connaître la douceur du fouet. Au soleil couchant, deux jeunes garçons s’embrassent, ils se projettent dans l’avenir, Hans se verrait bien millionnaire, Ernst, pasteur avec femme et enfants. Moritz avoue son ignorance quant aux « mystères de la vie », Melchior s’improvise professeur d’éducation sexuelle. Ilse est depuis longtemps passée de la théorie à la pratique, mais déjà, elle regrette la douceur des goûters d’anniversaire.
L’Eveil du printemps suit les errances, les questionnements, les emballements, les désillusions et les angoisses d’une douzaine d’adolescents dont les histoires s’entremêlent, d’une vingtaine de figures adultes (parents, professeurs, docteurs, pasteur, recteur…) et d’un personnage abstrait, l’Homme Masqué, représentant la vie, dans ce qu’elle a d’informe, de pulsionnel, d’asexué et d’anonyme. Elle fait à peine « Théâtre » tant les scènes qui la compose capte la vie.
Avec ses 14 interprètes (12 comédiens et 2 musiciennes live), Armel souhaite en faire un spectacle qui nous nettoie et nous donne le goût d’être soi sans fard, quelque chose qui nous rappelle ce que c’est que respirer.

« Eddy Merckx a marché sur la lune »

Eddy Merckx a marché sur la lune, c’est un peu comme une soirée où 10 individus improvisent un film à vue. Un groupe qui est celui des acteurs vont s’emparer des rôles. Ils parlent en leur nom et au nom des personnages. Ils se distribuent les prises de paroles.Ils créent les personnages, les situations, avec flashbacks et chemins de traverse. Et à l’intérieur de ce grand fantasme collectif, ils expriment leurs peurs, leurs craintes, leurs doutes, leurs désirs, leurs pulsions, leurs nostalgies, leurs regrets, leurs humours, leurs énergies, et que cela donne un certain désenchantement du monde mais dans un bordel assez joyeux.
Eddy Merckx a marché sur la lune pourrait paraître sombre mais Jean-Marie Piemme réussit ce tour de force d’être toujours « en santé », délicat, drôle, et pertinent. A 72 ans, il livre une pièce d’une extrême jeunesse de pensée et d’énergie car si sa lecture de l’Histoire peut être amère, il n’évacue jamais le désir, ne rend rien irrémédiable, ne moralise pas ni n’accuse ni ne victimise. Il induit, parfois dit, souvent possibilise, et surtout tout le temps capte la vie comme une matière rugueuse, une terre meuble sans visage définitif.
Dans Eddy Merckx a marché sur la lune, on parle donc de la vie qui va, des vicissitudes de l’amour et de l’indécision, on y fait des rêves américains et des retours au pays natal, on s’engueule sur les révolutions ratées, les révoltes assoupies, et on danse sur les cendres de mai 68. Dans Eddy Merckx a marché sur la lune, on repense à ses parents, aux odeurs de l’enfance, on est nostalgique de quelque chose qu’on est pas sûr d‘avoir vécu, on crée la fête, on divague, on refait La Chinoise de Godard, on se déchire, on s’embrasse, on se quitte et on tente de se consoler, on meurt sous les tirs et on parle, on parle beaucoup pour se donner du baume au cœur. Dans Eddy Merckx, on vit.
Eddy Merckx a marché sur la lune sera une forme simple au plus près du spectateur, comme un corps amoureux qui vient se blottir et nous donne encore le goût d’être ensemble malgré les atrocités du monde.

En pratique

« L’éveil du printemps »
Un rôle masculin ouvert aux membres du Centre des Arts scéniques
Rencontre Professionnelle du lundi 24 au vendredi 28 avril 2017. Date limite d’inscription: Vendredi 14 avril 2017
Répétitions: A partir de janvier jusque mi-mars 2018
Agenda complet [ici]
Une coproduction de [e]utopia[4], du Théâtre National/Wallonie-Bruxelles et du CDN de Haute Normandie

« Eddy Merckx a marché sur la lune »
Un rôle féminin et un rôle masculin ouverts aux membres du Centre des Arts scéniques.
Rencontre Professionnelle du lundi 24 au vendredi 28 avril 2017. Date limite d’inscription: Vendredi 14 avril 2017
Répétitions: A partir d’Août 2017
Représentations: à Limoges en septembre 2017, suivi de représentations à Paris, Bruxelles, Thionville. Agenda complet [ici]
Une coproduction de [e]utopia3 en coproduction avec le Festival des Francophonies, le Centre Dramatique National du Limousin et le Théâtre Les Tanneurs

A propos de Armel Roussel

Armel Roussel – « Roberto Zucco » (1996), « Les Européens » (1998), « Enterrer les Morts/Réparer les Vivants » (2000), « Notre Besoin de Consolation est Impossible à Rassasier » (2002), « Hamlet -version athée » (2004), « Pop? » (2005), « And Björk or course » (2006), « Fucking Boy » (2007), « Si Demain Vous déplaît » (2009), « Nothing Hurts » (2010), « Ivanov Ré/Mix » (2011), « La Peur » (2013), « Rearview » (2013), « Yukonstyle » (2014), « Ondine » (démontée) (2015), « Après la Peur » (2015) – est un artiste polymorphe qui se confronte tant à la mise en scène, qu’à la scénographie, l’écriture ou la performance. Il est également professeur, principalement à l’INSAS / Bruxelles depuis 2000 et donne des stages à l’international (France, Suisse, Sénégal, Togo, Roumanie…).
Ses dernières productions (« Ondine (démontée) » et « Après la peur ») ont voyagé entre le Canada, la France et la Belgique. En 2017, il dirigé pour la deuxième fois consécutives les lectures RFI données dans le cadre du Festival d’Avignon et créera « Eddy Merckx a marché sur la lune » de Jean-Marie Piemme à Limoges.

Armel Roussel

Distribution

« L’éveil du printemps »

Nadège Cathelineau, Romain Cinter, Julien Frege, Amandine Laval, Nicolas Luçon, Florence Minder, Julie Rens, Sophie Sénécaut, Lode Thiery, Sacha Vovk, Uiko Watanabe, Judith Williquet (distribution en cours, un rôle masculin ouvert aux membres du Centre des Arts scéniques)

« Eddy Merckx a marché sur la lune »

Romain Cinter, Sarah Grin, Julien Jaillot, Vincent Minne, Nathalie Rozanes, Sophie Sénécaut, Aymeric Trionfo (distribution en cours, un rôle masculin et un rôle féminin ouverts aux membres du Centre des Arts scéniques)

Note d'intention

« L’éveil du printemps »

Ces 14 interprètes doivent également être crédibles dans la peau de filles et de garçons de 15 ans. Pour cela, Armel a avant tout pensé en termes d’énergie et de modernité plus que de raisonner par âge ou au physique.
14 interprètes pour jouer la quarantaine de rôles de la pièce, voilà l’Eveil de demain. « Nous attaquerons l’ensemble de la pièce en « bande », en la portant ensemble et non uniquement chacun dans sa partition. C’est une des caractéristiques de mon travail et cela produit une énergie singulière qui fait la force de mes spectacles. »
De la forme à proprement parler, Armel n’avance que quelques hypothèses de départ. Il souhaite partir du plateau nu, peut-être en terre battue, comme une place de village à la campagne. Il y a quelque chose de la campagne dans L’Eveil, ou de villageois. Ce n’est pas une pièce de la ville. Armel a en tête là où il a vécu son adolescence, et le souvenir de ses 15 ans lors des bals du 14 juillet ou du 15 août, sur la place de l’Ile aux Moines, dans le golfe du Morbihan, en Bretagne. Il a le souvenir d’un endroit où l’intime et l’extime se confondent, où tout le monde se connaît si bien que tout se sait mais que rien n’est dit. Il a le souvenir de désirer en cachette, de regarder les gens beaux, de les envier, de souffrir. Il a le souvenir de bal ringard où les adultes se reluquent et les ados se cherchent sur un air d’Eddy Mitchell entre une crêpe et de l’alcool bu en cachette. Il a aussi le souvenir de se faire à casser la gueule et aussi d’un baiser échangé entre la plage et le cimetière. Cet espace théâtral sera aussi celui de ses souvenirs. Avec de la pluie partout par instant, quelques lampions, un petit groupe qui fait des covers sur une estrade instable, et sans doute toutes les scènes d’intérieur de maison sur la place du marché, au vu et au su de tous. Un espace unique donc lyrique et organique, mutant comme les adolescents et comme le temps.
La lumière y aura un rôle prépondérant (Amélie Géhin) se jouant du doux soleil du printemps et des nuits qui se réchauffent, comme de la grisaille des restes de l’hiver quand le printemps hésite encore. Armel imagine le début du spectacle comme un état zéro, avec l’entrée des spectateurs dans un bal de campagne où nous ne jouons pas les personnages mais où nous sommes nous-mêmes. Une fiction s’installe… dans un crescendo intense et physique.
Il souhaite une scénographie légère et jouer avec l’architecture naturelle du théâtre. Son imaginaire le pousse d’avantage vers des grands plateaux mais il souhaite aussi faire un spectacle adaptable à plusieurs types
d’espace (non pour vendre plus facilement le spectacle) parce qu’il rêve de quelque chose de mobile, transformable, léger, organique, vivant et libre, surtout libre, vraiment libre et pas bloqué par sa propre forme. Il rêve aussi qu’il y ait un public mélangé dans la salle, avec des gens de toutes origines, classes, religions, âges mais avec beaucoup de jeunes, d’adolescents, de ceux qui construiront demain.
« Je fais ces rêves un peu adolescents, cela me maintient en vie. « J’ai mis toute ma vie à savoir dessiner comme un enfant » disait Picasso. Peut-être ai-je mis toute la mienne à faire du théâtre comme un ado, c’est d’ailleurs la figure principale qui traverse quasi tous mes spectacles à ce jour.

« Eddy Merckx a marché sur la lune »

« Eddy Merckx a marché sur la lune » est une pièce qui ne ressemble à aucune autre. D’abord parce qu’il n’y a pas vraiment de personnages. Il y a Nous. Nous, acteurs, spectateurs, dans le même espace au même moment. Nous à encore chercher des histoires, à nous injecter de la fiction pour faire face au monde et tenter de mieux l’appréhender, de mieux nous appréhender. Notre besoin de fiction est impossible à rassasier. Pour supporter le réel, le comprendre, l’identifier, et le mettre aussi en perspective dans l’Histoire.
Il n’y a pas non plus à réellement parlé d’histoire. Mais bien de plusieurs qui s’entrecroisent. Hésitant presque chacune du chemin qu’elles vont emprunter, comme mal assurées, hoquetantes, vivantes. Et pourtant, un fil narratif se dessine au fur et à mesure, zoomant sur certains caractères, comme si le récit avait inventé lui- même les personnages qui l’habitent et non l’inverse. Cela donne un mélange de destinée et de hasard, un poème épique traversées de poussées dramatiques.
Résumer la pièce n’est alors guère chose aisée. Et je préfère la raconter à ma façon – c’est à dire à la façon dont je l’aborde pour la mettre en scène – plutôt que de tenter de la restituer objectivement.
La pièce commence sur un groupe de femmes et d’hommes dans l’espace zéro du théâtre.
Ils sont là au même titre que les spectateurs, les accueillent peut-être pour quelque chose qui pourrait être une fête quand le théâtre est une fête, une vraie, pas un semblant de fête ou fête représentée, non, juste une fête d’être ensemble. Ce groupe est composé de 5 femmes et 5 hommes entre 25 et 45 ans, occidentaux, européens. Ils ne sont ni riches ni pauvres, ni remarquables ni invisibles, ils sont normaux au sens premier du terme. Ce groupe évoluera tout le long du spectacle (en étant donc tous en permanence en scène) entre chœur et individualités au gré des histoires qu’ils créeront. Car telle est bien la fête qu’ils vont offrir : un happening de l’imaginaire, comme un cadavre exquis, un jeu de l’esprit auquel ils vont se prendre, parfois jusqu’à se perdre.
Pour être concret, je pourrais dire autrement que c’est une soirée où 10 individus semblent improviser un film à vue. Ils y parlent d’idéaux, de l’amour, de beauté, de résignation, de comment on vit ensemble, du libre- arbitre, de l’absence de mouvements communs, du manque, de comment on fait pour construire sa vie et de ce que leurs parents leur ont légué. Ils reviennent en 1968, inventent la rencontre de leurs père et mère, fantasment une époque qui aurait eu des revendications communes et qui aurait été éprise de liberté, là où eux-mêmes ont la sensation d’avoir été abandonnés.
Marcel Gauchet parle des protagonistes de Mai 68 comme d’une génération qui n’a pas su se transmettre. Et Virginie Linhart dans son livre « Le jour où mon père s’est tu » dresse un portrait peu glorieux des enfants de Mai 68, que l’on a nommé aussi enfants de l’utopie, et qui tend à montrer comment la faille générationnelle a été consommée ; « ils adoptent pour la plupart des comportements diamétralement opposés à ceux de leurs parents : rejet du militantisme, méfiance envers les mouvements de masse, le dogmatisme, désir de normalité, de conformisme, rejet de la liberté sexuelle, recherche de l’ordre, boboïsation, voire embourgeoisement revendiqué. « . Et de s’interroger sur le bonheur possible qui en découle et sur le sens qu’on donne à sa vie.
De Jean-Marie et Eddy, je pourrais parler d’une rencontre en deux temps. Une première – lointaine déjà, 1990
– avec Jean-Marie Piemme. Et une seconde – toute proche, 2015 – avec « Eddy Merckx a marché sur la lune ». De la première, je peux dire qu’elle fut riche. Jean-Marie fut mon professeur puis mon collègue à l’Insas. En 26 ans, nous avons pas mal échangé, débattu, nous nous sommes plusieurs fois opposé, parfois affronté, quelques fois disputé, de temps en temps félicité. Sur la durée, Jean-Marie a été plus fidèle, plus curieux, plus tenace que moi : il est venu voir tous mes spectacles depuis 1996. Moi, j’avoue que je n’ai pas tout lu de ce qu’il a produit durant ce temps. Il a fallu une occasion en 2015 pour que je reprenne contact non avec l’homme mais avec l’œuvre. Et c’est dans le cadre d’un cours où je travaille des mises en lecture, que j’ai abordé Eddy Merckx. Nous n’avons travaillé avec les étudiants qu’une petite dizaine de jours mais la rencontre fut forte, évidente pour moi, un immense coup de cœur. Nous avons présenté la mise en voix à Bruxelles puis à l’invitation de l’Ecole du TNS, à Strasbourg. Nous l’avons joué le jour des attentats de Bruxelles. Cela restera gravé à tout jamais en moi.
Je suis un « enfant de l’utopie », je suis français, né en 1971, à Paris. Je ne sais pas si je me reconnais dans le portrait dressé en filigrane par Virginie Linhart mais je sais que je suis percuté par les questions telles qu’elles sont exposées dans « Eddy » et que cet équilibre entre l’intime et le politique me bouleverse. Une première lecture avec les 10 acteurs qui vont créer le spectacle me dit que je ne suis pas seul, que nous ne sommes pas seuls.

 

°°° Dans Eddy, il y a des histoires simples – comme chez Sautet – et des pensées complexes – comme chez Godard. Il y a aussi par moment comme un air italien entre dolce vita Fellinienne et rabbia Pasolinienne. Et quelques scènes d’inspirations américaines, comme on pouvait en voir dans certains films de la Nouvelle Vague. Je ne dirais pas pour autant que Eddy est du théâtre cinématographique. Non, ce qui respire cinéma dans Eddy, c’est le ton, le style et le sens du montage. Mais Eddy est éminemment théâtral en ce sens qu’il est pensé pour aller à la rencontre directe du spectateur dans une langue toute aussi directe mais néanmoins choisie et terriblement énergétique. Eddy se joue du cinéma comme d’un vecteur fantasmatique qui serait le socle d’un inconscient populaire, et ce, dans une structuration narrative peu commune au théâtre mais totalement assimilable pour nos cerveaux occidentaux modernes. Eddy Merckx a marché sur la lune sera une forme simple au plus près du spectateur, comme un corps amoureux qui vient se blottir et nous donne encore le goût d’être ensemble malgré les atrocités du monde. - Armel Roussel, 12.2016 °°°

Préparation de la rencontre

Le travail à préparer sera précisé lors de l’envoi de la lettre de confirmation, à partir dans les jours qui suivent la date limite d’inscription

°°° L'Eveil pourrait sembler une pièce à thèse. Il n'en est rien. Wedekind est un immense poète. Il dote ses personnages d'une langue qui oscille entre le prosaïque et le lyrisme, composant ainsi une œuvre (devenue classique) qui demeure d'une grande jeunesse, d'une grande profondeur, et qui s'affranchit ainsi de toute question de modernité. Tant dans les questions de fond que dans les questions de forme de la pièce, il n'y a rien à "actualiser". - Armel Roussel °°°

Conditions de participation

1. Être inscrit(e) au Centre des Arts scéniques, promotions  ’14, ’15, ’16
2. Être libre aux dates de travail (répétitions et représentations)
3. Être libre toute la durée du stage et arriver à l’heure
4. Nous avoir transmis votre CV (format pdf) et une photo actualisés (format jpg) au plus tard lors de votre inscription, si cela n’a pas déjà été fait
5. Respecter la date de clôture des inscriptions

A propos de l'auteur

« L’éveil du printemps »

Dans l’Allemagne de son temps, Frank Wedekind a fait figure de provocateur, toujours prêt à violer les conventions esthétiques et morales de l’ère wilhelminienne. S’il fut en butte à la censure de son vivant, la consécration officielle lui est venue au lendemain de sa mort, sous la jeune République de Weimar, lorsque la génération expressionniste l’a adopté comme un précurseur. En France, Wedekind n’a longtemps été connu que par deux titres vedettes, L’Éveil du printemps et Lulu. Si le film de G. W. Pabst et l’opéra d’Alban Berg ont contribué à populariser cette dernière pièce, la récente traduction du Théâtre complet en 7 volumes, qui comprend 22 pièces achevées, révèle toutes les dimensions d’une œuvre inventive et pénétrante. On souscrira volontiers au jugement de Heinrich Mann, selon qui Wedekind ne fut pas seulement un poète bohème et un briseur de tabous, mais aussi un »pionnier en littérature de la carrure de Flaubert au seuil de l’époque moderne ». À cet hommage mérite d’être joint celui de Bertolt Brecht qui apparente Wedekind « aux grands éducateurs de la nouvelle Europe », aux côtés de Tolstoï et de Strindberg, étant bien entendu que « sa plus grande œuvre fut sa personnalit ». Non que Wedekind prétende livrer de lui une statue goethéenne. Il s’agit bien plutôt à ses yeux d’expérimenter en tous sens, à travers ses nombreux doubles théâtraux, les chances qui subsistent d’un libre épanouissement de l’individu, dans une société bourgeoise où l’argent corrupteur, la recherche du pouvoir, le cynisme sont de plus en plus présents – peut-être sur un fond d’ennui, menace plus grave encore, liée à l’uniformisation industrielle.
Source: http://www.universalis.fr

« Eddy Merckx a marché sur la lune »

Jean-Marie Piemme a écrit sa première pièce Neige en décembre en 86. Suivront une quarantaine de pièces jouées en Belgique et à l’étranger. (France, Flandre, Suisse, Italie, Allemagne, Hollande, Espagne, République démocratique du Congo, Haïti). Ses textes sont édités aux éditions Lansman et Aden (Belgique), et chez Actes-sud Papiers (France). Plusieurs textes ont fait l’objet de DVD, de diffusions télévisées ou de mises en ondes à la radio-télévision belge et à France-Culture notamment. Ses deux dernières pièces « Cul et Chemise » suivi de « Reines de pique » ont été publiées chez Acte-Sud Papiers en janvier 2017. La revue Alternatives théâtrales a publié un volume d’entretiens sur son travail. (En collaboration avec Antoine Laubin). L’université de Louvain l’a invité à occuper la Chaire de poétique en 2011. Jean-Marie Piemme sera l’auteur invité du CDN de Thionville durant la saison 17/18.

°°° J’émane d’une chaude odeur de lessive quand le linge mouillé sèche dans la cuisine, pendu en rang serré à des cordes tendues pour la circonstance, parce que dehors, il pleut ou il neige. Moi, qui vous parle, j’ai soif du passé. Mais cette soif est celle de Tantale qui voit l’eau se retirer sans cesse devant lui. Chaque fois que j’entreprends de le saisir, le passé se dissout. C’est pourquoi, j’ai pris la décision de fixer dans ce carnet les éclats de souvenir qui me reviennent en mémoire, de les recréer au besoin, je dirais même de les inventer tels qu’ils ont été, si on me permet ce paradoxe, car le passé ne gîte pas en quelque cave secrète, attendant une bonne volonté qui le porte au grand jour. - Jean-Marie Piemme, "Eddy Merckx a marché sur la lune" °°°