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Le journal d’Anne Franck

Fabrice Gardin

En bref

Une mise en scène de Fabrice Gardin au Théâtre Royal des Galeries

Dans une arrière maison d’Amsterdam, de 1942 à 1944, se terrait une famille, une mini société obligée de vivre dans la promiscuité constante, de renoncer à marcher le long des canaux, et à reconnaître le cycle des saisons aux arbres qui les bordent. Parmi cette communauté, confinée sur elle-même par la terreur de l’extermination, il y avait un écrivain en herbe, une toute jeune fille, qui découvrit, avec la spontanéité du génie, qu’il lui fallait consigner cette vie clandestine, à la fois pour l’intensifier par l’écriture, comme si elle avait l’intuition que ces jours étaient comptés et, confusément, parce qu’elle sentait qu’il fallait rendre témoignage de cette horreur en creux, de cette attente indistincte du pire.
Le journal d’Anne Frank est avant tout la vie quotidienne de huit personnes qui essayent de s’accommoder de leur sort. Ils sont obligés de vivre les uns sur les autres, ce qui ne se passe pas sans heurts ni friction. Chacun avait son tempérament, sa sensibilité et ses différents caractères ne s’accordaient pas toujours harmonieusement. Anne Frank se faisait la chroniqueuse subtile et souvent amusée de cette maisonnée dont elle n’était d’ailleurs pas l’élément le plus facile…

En pratique

Deux rôles féminins sont ouverts aux membres du Centre des Arts scéniques.

Rencontre Professionnelle du lundi 08 au vendredi 12 mai 2017. Date limite d’inscription: jeudi 27 avril 2017

Répétitions du lundi 04 septembre au jeudi 12 octobre 2017

Représentations à partir du 13 octobre 2017

Une coproduction du Théâtre Royal des Galeries

A propos de Fabrice Gardin

Fabrice Gardin est auteur et metteur en scène. Né à Charleroi en 1970, il est licencié agrégé en journalisme et communication, et détenteur d’un troisième cycle en études du spectacle vivant.
Il est l’auteur de « Les inconsolables » (lecture-spectacle, juin 2004, Théâtre du Parc), « Destin » (Théâtre du Méridien, octobre 2005, éditions Le Cri / Festival de Spa, août 2016), « Anna » (lecture-spectacle, mars 2006, Théâtre des Martyrs), « Une rencontre comme une autre » (La Samaritaine, avril 2007, éditions Le Cri), « Une vie d’infortune » (L’Arrière-Scène, octobre 2008), « Hôtel idéal » (nombreuses lecture-spectacles entre 2009 et 2016), « Compartiment non-fumeurs » (La Samaritaine, octobre 2009, éditions Le Cri), « Théroigne de Méricourt » (Fourneau St Michel, août 2016, éditions Samsa)
Il a adapté « Candide de Voltaire » (Compagnie des Galeries, été 2002), « L’assassin habite au 21 » de S-A Steeman (TRG, octobre 2008), « La Souricière d’Agatha Christie » (TRG, octobre 2009), « Amen » (Le Vicaire) de Rolf Hochhuth (TRG, octobre 2011), « Le portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde (TRG, octobre 2014).
En collaboration avec Christian Lutz, il est l’auteur des romans, « Peut-être rencontrerons-nous des pintades en route » (éditions Le Cri, 2006) et « Davies et la mort qui tue » (éditions Le Cri, 2009).
En collaboration avec Frédérique Massinon, il a écrit « Décembre » (éditions Samsa, 2013).
Il a mis en scène « Une vie d’infortune » (L’Arrière-Scène, octobre 2008), « La Souricière d’Agatha Christie » (TRG, octobre 2009), « Lady Camilla » de Pascal Vrebos (TRG, février 2011), « Le jeu de l’amour et du hasard » de Marivaux (spectacle de plein air, Tournée des Châteaux, été 2012), « Antigone d’Anouilh » (TRG, octobre 2012), « Vivons heureux en attendant la mort » de Pierre Desproges (Les Riches-Claires, décembre 2012, tournée), « Karl Marx, le retour d’Howard Zinn » (Théâtre des Martyrs, avril 2013, tournée), « Un mari idéal » d’Oscar Wilde (spectacle de plein air, Tournée des Châteaux, été 2013), « Perplexe » de Marius von Mayenburg (Jardin-Passion, janvier 2014), « Huit femmes » de Robert Thomas (TRG, mars 2014, Théâtre de la Tête d’Or, Lyon, oct. 2016), « Destin » (Festival de Spa 2015, Théâtre Jardin Passion, septembre 2015, Riches-Claires, avril 2017), « Exit » de Fausto Paravidino (TRG, février 2016), « Théroigne de Méricourt », texte et mise en scène, (Fourneau St Michel, août 2016) et « Un temps de Chien » de Brigitte Buc, (TRG, février 2017).

Distribution

Deux rôles féminins sont ouverts aux membres du Centre des Arts scéniques.

Margot a seize ans. Elle est belle, timide, calme. Elle travaille bien à l’école et veut faire des études de médecine. Au début, les deux sœurs se chamaillent, ensuite la complicité grandit entre elles.
Anne a treize ans. Elle est toute en nerfs, à la fois curieuse et sensible, pleine de malice et de vivacité. Elle est très sociable. Pendant le spectacle, elle passe du statut d’enfant à celui de jeune fille.

 

Note d'intention

Note d’intention
Au moment où le racisme et l’intolérance, où la torture et les génocides reprennent de la vigueur dans de nombreux endroits du monde, il est grand temps de ressortir Le journal d’Anne Frank. Tant que nous vivrons à l’âge de la haine, il ne cessera jamais d’être d’actualité. Le souvenir d’Anne Frank doit donc être rappelé constamment, pour que ceux qui ont le même âge que cette intelligence détruite à Auschwitz sachent jusqu’où l’homme peut aller dans le mépris de lui-même.
Les effets du journal s’expliquent par la vérité simple et par son évidente authenticité. L’émotion était d’autant plus vive que la victime, en ce cas, était une jeune fille, presqu’une enfant, et que la vie s’ouvrait à elle. Rien de plus pathétique que la tragédie de cette jeune fille, si vivante, faite pour une existence radieuse, et qui se voit soudain condamnée à attendre dans un grenier, la Gestapo et la mort.
En Allemagne, il a ouvert les yeux d’hommes et de femmes qui jusqu’à sa publication n’avaient pas encore bien compris l’horreur des persécutions hitlériennes.
Le journal d’Anne Frank est une pièce maîtresse dans notre histoire moderne. Un témoignage unique sur une période compliquée de la Seconde Guerre Mondiale. Il est connu, car la plupart des gens l’ont lu, et méconnu, car la plupart des gens en ont entendu parler. Il y a pas mal de lacunes dans le témoignage d’Anne Frank. Certes, elle nous donne des renseignements sur leur réalité, sur l’existence dans l’annexe. Mais à nous de venir remplir l’espace émotionnel. Il ne faut pas décevoir. Et en même temps, il ne faut pas trahir. Et pourtant, la trahison est nécessaire pour construire notre histoire. Nous marchons sur une frontière bien fine. Je recherche donc des comédiens avec une sensibilité à fleur de peau et capable d’une grande souplesse émotionnelle.
Créer une histoire, créer des personnages, créer de l’émotion, ce n’est déjà pas facile à réaliser. Lorsqu’il s’agit d’une histoire qui a existé, vient se greffer une dimension supplémentaire. Il est nécessaire de se documenter, de s’informer et d’essayer de coller au plus juste à la réalité. Mais dans le projet qui nous occupe, que connait-on vraiment de la réalité ? À nous, tout en essayant de respecter le journal, tout en essayant de faire respecter cette vérité, cette réalité, que la plupart des gens connaissent, d’insérer l’émotion nécessaire à la bonne existence de ces personnages.
Le journal d’Anne Frank, ce n’est pas seulement ce qui s’est passé dans ce grenier hollandais entre le mois de juin 1942 et le 4 août 1944, mais c’est ce qui s’est passé dans toute l’Europe pendant des années.
Anne Frank, ce n’est pas seulement cette petite fille insupportable et charmante, fantasque et grave, tendre et malicieuse, dont nous connaissons les rêves et les rires, les jeux et la mélancolie, mais ce sont des centaines de milliers de petites filles et d’enfants dont nous ne saurons jamais rien, sinon qu’ils furent exterminés. Anne Frank a tous les âges en même temps. Elle est à la fois une petite fille enjouée et taquine, une jeune fille rêveuse et un peu mélancolique, une femme lucide est grave.

°°° L’histoire ayant une fâcheuse tendance à se répéter, il est, plus que jamais, nécessaire de remettre en avant ce texte, véritable hymne à la tolérance et à la résistance. Dans une époque où certains préfèrent ériger des murs plutôt que de construire des ponts, quand le présent se conjugue avec populisme et racisme, quand la haine aveugle massacre encore les hommes, les femmes et les enfants au nom d’une croyance, il faut me semble-t-il montrer des exemples de résistance, de dignité et d’espoir. Car si Anne Frank est devenue un des symboles universels des victimes de la barbarie, elle est aussi, grâce à la fraicheur de son écriture, un vecteur d’espoir. David Michiels °°°

Préparation de la rencontre

Pour le premier tour, il vous est demandé de:

  • S’approprier ce texte, le présenter…
  • Choisir une scène dramatique (choix de texte libre) et la jouer de façon non conventionnelle, préférez les présentations individuelles! Maximum 5 minutes par artiste.

Gardez en perspective que malgré les conditions de vie hors normes que rencontraient ces deux personnages, elle maintenaient dans cette maison une certaine joie de vivre…

°°° Défense de monter à bicyclette. Défense d’aller à l’école. Défense d’entrer dans un cinéma. Défense de monter dans un autobus. Défense de tout. °°°

Conditions de participation

1. Être inscrit(e) au Centre des Arts scéniques, promotions  ’14, ’15, ’16
2. Être libre aux dates de travail (répétitions et représentations)
3. Être libre toute la durée du stage et arriver à l’heure
4. Nous avoir transmis votre CV (format pdf) et une photo actualisés (format jpg) au plus tard lors de votre inscription, si cela n’a pas déjà été fait
5. Respecter la date de clôture des inscriptions

°°° Mon cher journal, puisque nous allons devenir de grands amis, je commence par me présenter, je m’appelle Anne Frank, j’ai treize ans, je suis née en Allemagne le 12 juin 1929.Ma famille étant juive, nous nous sommes réfugiés en Hollande lorsqu’Hitler a pris le pouvoir. °°°