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L’Arbre à Clous ou comment panser avec les arbres

Dominique Roodthooft

En bref

L’Arbre à Clous ou comment panser avec les arbres, la nouvelle création de Dominique Roodthooft.

Clôture le 17/05/2021
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(Tel que je l’imagine pour l’instant et tout peut encore changer)

C’est dans le cadre du Festival Métamorphoses qui aura lieu dans les alentours de Liège, que notre nouvelle création hors les murs va s’inscrire. Philippe Kauffmann, directeur artistique de la manifestation proposera plusieurs balades autour de la ville au cours desquelles les promeneurs rencontreront différentes interventions. Il ne s’agit pas de « spectacles » à proprement parlé mais de rencontres presque fortuites qui invitent le promeneur à s’arrêter, à regarder, à écouter diverses propositions d’artistes.

Nous serons sans doute à Seraing ou à Herstal, anciennes terres industrielles, anciennes petites villes riches dont l’économie s’est effondrée en même temps que ses industries et qui recèlent encore de nombreux coins sauvages qu’ils soient non encore exploités ou totalement en friche.

L’objectif est bien évidemment de partir à la rencontre de ses habitants qui ne sont pas (encore) nécessairement attirés ou par l’art ou par le théâtre.

Nous serons visibles au coin d’un chemin, sur une place, dans un bout de forêt (à déterminer).

Lorsque les promeneurs arrivent à notre endroit, ils seront accueillis par un grand arbre à clous et ses compagnons de vie alentour (les comédien.ne.s). Ce seront les enfants (pour la plupart du temps) qui iront déposer leur chagrin, leurs maux en enfonçant réellement un clou avec un marteau dans l’arbre. Les enfants, par l’intermédiaire du marteau (qui change de couleur en fonction du degré du mal), vont interagir avec celui-ci et provoquer sa réaction qui elle sera visible pour tout le monde. Bien évidemment, le public n’entrera pas dans le secret de l’enfant.

Pour ce faire, nous mènerons des enquêtes chez les enfants, leur maux et leur tristesse d’une part, et d’autre part autour de la vie des arbres et de leur résilience, leur résistance aux adversités. Je tiens tout de suite à signaler que la résilience n’implique en aucun cas la résignation et ce, malgré la récupération de ce vocabulaire par le management d’entreprise.

Nous chercherons ensemble une forme esthétique à cet arbre médecine, réparateur du désordre intérieur, passeur vers le monde de l’invisible, fabricant d’histoires et de mythes, élément protecteur, berceau des secrets, générateur de puissances, créateur de nouvelles incantations (et en poussant un peu plus loin, l’invention d’un nouveau discours).

En pratique

Audition :

Du lundi 24 mai au samedi 29 mai 2021 au Corridor, Rue Vivegnis 411 – 4000 Liège.

Premier tour : Les candidats seront répartit en deux groupes (en fonction du nombre de candidats)

Groupe 1 : lundi 24 et mardi 25/05 (votre présence est requise les deux journées complètes)

Groupe 2 : jeudi 27 et vendredi 28/05 (votre présence est requise les deux journées complètes)

Deuxième tour :  samedi 29/05 (option)

La date limite d’inscription : Le 16 mai à 23h59

Les dates et lieux de répétitions :
Une quinzaine de jours de répétitions entre le 26 juillet et le 14 août (à Liège au corridor). Peut-être également une semaine en juin à déterminer.

Les dates de représentations:
Les trois derniers dimanches d’août 15, 22 et 29 août 21
L’éventuelle disponibilité demandée (si dates encore en négociation)
Aucune disponibilité demandée jusqu’à présent.

 

A propos de Dominique Roodthooft

S’engageant dans de nombreux projets artistiques, elle explore les divers champs de la création théâtrale: de la mise en scène pour adultes au jeu d’acteur, en passant par la formation et la conception de spectacles pour enfants ou de spectacles itinérants.

Elle a aussi collaboré avec d’autres compagnies (Arsenic, Transquinquennal, DitoDito,) et continue à aider à la dramaturgie dans le cadre de l’accueil de résidence au CORRIDOR, maison de création qu’elle a fondé et dirige à Liège.

Son travail relève d’une écriture collective de plateau ou de montage de textes souvent non-théâtraux. Influencée par son premier métier d’assistante sociale dans le milieu de l’enseignement, ses créations touchent beaucoup à la pédagogie et la façon dont se construisent les savoirs.

Parmi ses dernières créations citons, Smatch 1 – Si vous désespérez un singe, vous ferez exister un singe désespéré. (2009), créé au KFDA comme Smatch 2 – Push up daisies ou manger les pissenlits par la racine ? (2011). Smatch 1 a été présenté au Festival d’Avignon IN en juillet 2010 dans le cadre de la 25ème heure ainsi qu’aux Doms l’année suivante. Le Smatch 3 – Même si vous tremblez de peur, introduisez votre tête avec calme fut créé à Mons en décembre 2013, puis au KVS et au Théâtre de Liège en 2014.

Plutôt qu’une série, SMATCH est un principe, un principe de narration, une façon de travailler tant sur la forme que sur le fond. À savoir : créer des ponts entre l’art, la science et la philosophie sous une forme ludique de contrepied et ce, afin de lutter (souvent par la ruse) contre l’impuissance et la désespérance dans lesquelles on nous place.

Ses différentes recherches de matières à penser le monde sur la scène ont également nourri le Thinker’s Corner (2016), une expérience d’art vivant et de savoir partagé dans l’espace public, (avec quatre jeunes acteurs issus d’une rencontre CAS) présenté notamment en 2017 au Théâtre de la Bastille et au Festival OFF d’Avignon avec les Doms. Ensuite, en octobre 2018, « Cocon! » (Coproduction Rideau de Bruxelles -Théâtre de Liège). Ce spectacle est une célébration de la transformation et du lien. Cocon ! se présente comme un laboratoire de recherche sur ce que génère l’histoire de Judith Scott : artiste d’art brut, trisomique, sourde et muette, longuement éloignée de sa sœur jumelle dès l’âge de sept ans. 
Le projet s’inspire également d’auteurs comme Anna Tsing, David Abram et surtout Donna Haraway. Son ouvrage Staying with the trouble (Habiter le trouble) guide en effet dans une large mesure cette création collective.

En 2019, elle retourne dans la rue, pour présenter Patua Nou, (avec 8 acteurs dont 6 issus d’une rencontre CAS) et qui, par l’intermédiaire du chant et du dessin, racontent l’exil de leurs parents ou grands-parents.

En septembre 2020, elle crée l’éponge & l’huître » ou que faire des crasses qui nous traversent ?. Sous forme d’une visite guidée, elle y aborde à l’aide de propositions de nombreux artistes et penseurs, la question des filtres. Le spectacle fut joué au CORRIDOR (40 représentations) durant la Biennale de l’Image Possible à Liège en septembre-octobre 2020 (entre les deux premiers confinements).

Parallèlement à son rôle de directrice artistique du CORRIDOR, elle assure l’accompagnement artistique du travail de scène de Patrick Corillon, artiste associé à la maison de création.

Dominique Roodthooft

Distribution

Concept et dramaturgie : Dominique Roodthooft
Scénographie : Valérie Perin
Aide à la dramaturgie : Isabelle Dumont, Patrick Corillon, en cours.
Invention des dispositifs de frappe : Patrick Corillon
Acteur.rice.s : à déterminer

Les producteurs et coproducteurs:
le CORRIDOR
CAS
Festival Métamorphoses
En cours.

Note d'intention

J’ai toujours été fascinée par les arbres à clous, et ce depuis le jour de ma visite au Musée de la Vie Wallonne à Liège. C’est là que j’ai découvert, petite fille, un tronçon du tilleul de Gilly, plusieurs fois centenaire et recouvert de milliers de clous.

Depuis ce moment, dès que je rencontre un grand arbre, je ne peux m’empêcher d’y chercher un clou planté et de m’imaginer quelqu’un.e, malade, allant la nuit, sous la pleine lune de préférence, lui livrer tous ses maux. Muni.e d’un marteau, il.elle frappe le grand clou et l’enfonce violemment, jusqu’à ne plus en voir que la tête. Tout cela, sans doute, dans le plus grand secret, murmurant une série d’incantations peut-être… Une fois l’acte accompli, il.elle retourne dans sa maison comme si de rien n’était, muni de son certificat de guérison dans sa poche et lié.e à jamais à son l’arbre.

L’arbre à clous est en fait un type d’arbre votif, qui se rencontre particulièrement en Wallonie, mais aussi dans d’autres régions. La croyance populaire estimait qu’un mal physique (principalement des maux de dents et des maladies de peau) pouvait être extirpé du corps en le donnant à l’arbre : on frottait l’endroit qui faisait souffrir avec un clou (souvent de cercueil) pour ensuite l’enfoncer dans un tronc de tilleul ou de chêne la plupart du temps. Cette dendrolâtrie (culte païen de l’arbre) permettait ainsi de guérir de ses maux en les clouant à l’arbre guérisseur. Par ce processus rituel, le mauvais esprit était éliminé et entraînait ainsi le rétablissement.

Cette période que nous traversons – comme nous le savons tous – génère de nombreux maux … et ce, dans tous les domaines.
Je voudrais partir de ce processus « magique » de guérison, pour aborder les maux de l’âme et trouver des moyens ludiques et poétiques de la réenchanter. Faire usage d’actes physiques forts, de gestes symboliques puissants – en quelque sorte merveilleux – pour aborder la question du soin et de l’attention que l’on porte aux êtres du monde.

Nous éviterons la posture iconoclaste du moderne , du critique qui, croyant en la raison, se permet de condamner d’autres croyances.

Nous partirons à l’écoute des arbres, de leur stratégie pour rester en vie. Nous leur inventerons un langage approprié afin de répondre à la douleur du monde. (Ils ne seront pas nécessairement silencieux).

Nous assumerons le paradoxe que, pour se faire du bien, on ne peut peut-être pas éviter de faire du mal ailleurs…
Que pour retrouver paix et sens, nous devons commencer par libérer notre colère et encourager notre force.
Nous y injecterons humour, ruse, poésie et contre-pied.
Nous n’aurons pas peur de mélanger attraction foraine, magie, poésie et sciences de la nature.
Et sachant qu’un des plus grands maux qui se pointe à l’horizon est de ne plus croire en rien (à part être convaincu du désastre en devenir), de ne savoir que faire de sa colère, d’abandonner tous nos combats, de se méfier de tout et de tout le monde ; nous orienterons petits et grands vers le monde de l’attention et de la confiance et ferons faire à l’arbre des choses que nous n’attendions pas.

Préparation de la rencontre

Entre 2 et 4 rôles sont à pourvoir pour les membres du CAS (acteur.trice.s et/ou circassien.ne.s)
Être magicien.e et un peu acrobate est un plus.
Savoir grimper aux arbres et ne pas avoir le vertige.
Savoir chanter sans amplificateur.

Il est demandé à la fois de pouvoir initier et prendre en charge un contenu (faire une dramaturgie, écrire et interpréter) et rechercher une forme et à la fois de se laisser guider par des propositions suggérées par l’équipe de création.

Lors de la rencontre, nous chercherons ensemble une forme interactive entre le spectateur.trice et l’acteur.trice.
Ce seront les enfants et leurs chagrins qui seront au centre de la proposition. Il faut donc aimer le contact direct, sans 4ème mur avec des capacités à gérer l’imprévu sans basculer dans l’animation. Le spectacle restera un spectacle écrit et non improvisé.

Avant la rencontre :
Avoir envoyé deux photos/croquis/collage de comment vous allez imaginer votre arbre à clous. (Date limite d’envoi le jeudi 20 mai à 17h).
Avoir enquêté préalablement auprès d’enfant(s) et récolté un témoignage (quelle forme allez-vous lui donner : une lettre, une incantation également, un enregistrement audio, un dessin, autre?)

Le premier jour de la rencontre :
Vous allez apporter le témoignage de l’enfant (sous la forme que vous souhaitez) et préparer une réponse de l’arbre à l’enfant : une incantation (oral) et une trace-objet (cadeau, dessin, objet… à inventer)
Vous aurez la journée pour créer le support esthétique sur place et préparer votre intervention qui consistera à :
1. recevoir « une plainte, un chagrin, un secret, un mal parmi des maux »
2. y répondre « en arbre » après qu’on y a enfoncé un clou (étape obligée ! autre idée d’acte magique bienvenue ! )

Le deuxième jour de la rencontre :
Vous présenterez votre travail.

Le troisième jour (second tour) :
Un travail de répétition avec l’équipe.

L’équipe initiale de création sera présente pour vous accompagner : Dominique Roodthooft, Valérie Perin, Isabelle Dumont, Patrick Corillon, etc.

Nous insistons sur le fait que ce n’est une audition ni un casting mais une rencontre et un court atelier de recherche.

 

Conditions de participation

1. Être inscrit·e au Centre des Arts scéniques, promotions ’17, ’18, ’19, ’20 et avoir publié votre profil

2. Être libre aux dates de travail (répétitions et représentations)

3. Être libre toute la durée de l’audition et arriver à l’heure

4. Avoir lu et accepté de respecter le règlement des rencontres professionnelles

5. Respecter la date de clôture des inscriptions

6. Si vous annulez après le vendredi (13h) qui précède le premier jour de l’audition, il faudra en justifier la raison.

A propos de l'auteur·ice

Les inspirateurs sont Emilie Hache, Francis Hallé, Robert Harrison, Baptiste Morizot, Edouardo Kohn, mais aussi Emmanuele Coccia, Clemens G. Arvay, Joan Tronto, Vincent Zonca, et depuis une douzaine d’années maintenant D. Haraway, Vinciane Despret, David Abram, Tobie Nathan.