PROJET HERSTORIES : Stratégies d’émancipation des interprètes du XVIIIe siècle à nos jours – Compagnie Ecarlate
Dates : jeudi 12 mars et vendredi 13 mars 2026
Lieu : La Bellone, rue de Flandre – 1000 Bruxelles
La Cie Ecarlate organise un cycle de conférences analysant les méthodes d’émancipation des interprètes féminines.
Le 12 mars se concentrera sur l’impact des carrières et des généalogies féminines :
– Anne Pellois examinera l’influence de l’âge sur les rôles et les choix de carrière de grandes actrices (Bernhardt, Casarès, Dréville) dans l’appropriation du rôle de Phèdre.
-,Juliette Riedler dressera une généalogie féminine de l’émancipation par la scène en retraçant le parcours de « 7 femmes en scène » (danse, mime, théâtre, etc.), montrant comment leurs gestes ont déplacé les normes interprétatives.
– Une table ronde réunira des comédiennes belges contemporaines (Aminata Abdoulaye, Laurence Warin, Florence Minder, Deborah Rouach, Jeanne Dandoy, Sophie Senecaut) pour discuter de leurs stratégies actuelles.
Le 13 mars explorera les stratégies de résistance, d’appropriation des codes et des médias :
– Camille Khoury analysera le travestissement féminin (de Virginie Déjazet à Sarah Bernhardt) comme un contre-dispositif de résistance aux normes de genre et de jeu au XIXe siècle, utilisant la construction de soi.
– Alexandre Moussa présentera le parcours de Delphine Seyrig, actrice engagée devenue vidéaste féministe, pour illustrer les stratégies de résistance d’une star face à son image et l’appropriation du médium vidéo.
– Marion Guyez traitera des circassiennes, confrontées aux préjugés sexistes de leurs disciplines, et de leurs stratégies d’émancipation, notamment le choix de la création en solo ou en collectives.
L’événement sera accompagné d’une facilitation graphique en live par l’illustratrice Marie Dubois.
PROGRAMME 12 MARS 2026
9h30 : Accueil des participant.e.s
10h : Introduction du projet HerStories et de la journée d’étude. Elsa Poisot, Camille Khoury, Karolina Svobodova
10h30 – 11h15 : Conférence Anne Pellois, PR École Normale Supérieure de Lyon
Résumé : À travers une exploration des carrières de trois grandes actrices qui se sont emparées du rôle de Phèdre (Sarah Bernhardt, Maria Casarès, Valérie Dréville), je propose d’analyser la manière dont l’âge des actrices influence leur distribution dans certains rôles ou la perception de leurs carrières, leurs choix personnels, leurs relations avec les metteurs et metteuses en scène ou la fonction de mise en scène, leurs rapports à la transmission et à la pédagogie.
11h15 – 11h45 : Échange avec le public.
11h45 – 13-30 : Pause déjeuner
13h30 – 14h15 : « 7 femmes en scène. Émancipation d’actrice ». (titre provisoire) – Conférence Juliette Riedler. Doecteur en Etudes théâtrales, libraire, metteuse en scène, actrice.
Résumé : 7 figures de femmes ayant chacune exercé leur art sur une scène particulière : danse, chant, mime, théâtre, performance, écriture… 7 étoiles formant une constellation donnant à penser ce qui dans l’art aussi bien que dans la vie émancipe. Une généalogie féminine de l’émancipation par la scène. L’ouvrage raconte comment ces différents gestes d’actrices, associés au féminin par leur « genre », ont déplacé les réflexes
interprétatifs, les manières de penser et de sentir, ont ouvert des champs, des « scènes » pour l’art, la recherche et la vie.
14h15-14h45 : Échange avec le public
14h45-15h : Pause
15h-16h30 : Table ronde : « Comédiennes belges contemporaines : quelles stratégies d’émancipation ? »
Avec Aminata Abdoulaye, Laurence Warin, Florence Minder, Deborah Rouach, Jeanne Dandoy, Sophie Senecaut.
Modération, Karolina Svobodova, enseignante au département Arts du spectacle, Université Libre de Bruxelles.
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PROGRAMME 13 MARS 2026
10h : Accueil des participant.e.s
10h30 – 11h15 : « Le travestissement comme stratégie d’émancipation : de Virginie Déjazet à Sarah Bernhardt » (titre provisoire).
Conférence Camille Khoury, Docteure en Études théâtrale, chercheuse associée au laboratoire LLA-CREATIS, Université de Toulouse 2 Jean Jaurès, directrice du festival FAME.
Entre 1830 et 1880, les pratique et imaginaires du travestissement sont marquées par une recrudescence du travestissement féminin sur la scène et dans la littérature romanesque. Les représentations du travestissement féminin sont, comme toutes les représentations de transgression de classe conformément à l’esthétique romantique, traversées par une profonde dualité entre le collectif et l’individu, entre la norme et l’exception. Sur scène, dans la fiction et dans le théâtre social, le travestissement est strictement normé par des règles esthétiques et politiques qui semblent lui ôter tout potentiel subversif, notamment dans le vaudeville. Néanmoins c’est par le jeu et par la mise en place de stratégies de construction de soi entremêlant personne privée et persona théâtrale que certaines actrices font du travestissement la scène d’une lutte de pouvoir, un contre-dispositif de résistance aux normes de genre, de jeu et de sexualité.
11h15 – 11h45 : Échange avec le public.
11h45 – 13-30 : Pause déjeuner
13h30 – 14h15 : « Delphine Seyrig, d’actrice à vidéaste féministe ».
Conférence Alexandre Moussa – MCF en Études cinématographiques. Université de Poitiers
Icône cinéphilique célèbre pour ses rôles de femmes énigmatiques et sophistiquées dans les films de la modernité, actrice de formation naturaliste à la voix singulière et au jeu souvent ostentatoire et distancié, star engagée aux côtés des mouvements de femmes des années 1970 et figure majeure de la vidéo féministe : Delphine Seyrig occupe une place sans équivalent dans l’histoire des stars françaises. En croisant l’étude de la persona de la star construite à travers ses rôles et ses apparitions médiatiques, l’analyse de son jeu d’actrice et l’histoire de ses collaborations professionnelles, cette conférence entend restituer la complexité de son parcours entre cinéma, théâtre, télévision, vidéo et engagement politique.
Sa trajectoire à la forte dimension réflexive met en évidence les stratégies possibles de résistance d’une star face à son image et les contradictions ou difficultés auxquelles l’exposent ses prises de position. Elle témoigne en outre des puissances esthétiques et politiques de la performance actorale à l’opposé de la passivité supposée de la muse, et des prolongements possibles d’un engagement féministe dans la création – à travers l’appropriation du médium vidéo qui brouille la frontière entre réalisation et interprétation, et la défense et la préservation d’œuvres écrites et réalisées par des femmes.
14h15-14h45 : Échange avec le public
14h45-15h : Pause
15h-16h30 : « Circassiennes – du solo aux collectives »
Conférence Marion Guyez, MCF Arts de la scène, Université de Toulouse Jean Jaurès, équilibriste et dramaturge en cirque
Jongleuses, clownes, cordelistes, équilibristes, contorsionnistes, porteuses, voltigeuses, acrodanseuses, machinistes, trampolinistes, funambules, sanglistes, fil-de-féristes, les circassiennes sont nombreuses. Chaque discipline de cirque fonde une identité artistique forte, avec une histoire, des héritages, des références, des lignées, des habitudes et, inévitablement, leur lot de préjugés sexistes et de normes de genre souvent bien spécifiques en fonction du degré de féminisation de la discipline et des qualités physiques couramment mises en avant dans ces pratiques. A partir d’une série d’études de cas principalement issus du cirque contemporain en Europe, nous présenterons deux façons pour les circassiennes de mener une carrière au plus près de leurs propres désirs et d’affirmer leur vision du cirque : le choix de la création d’un spectacle en solo d’une part et celui de la formation de « collectives » d’autre part.
Tout au long de la journée, une facilitation graphique sera réalisée en live par l’illustratrice Marie Dubois