PROJET HERSTORIES
JOURNÉES D’ÉTUDE
STRATÉGIES D’ÉMANCIPATIONS DES INTERPRÈTES DU XVIIIE SIÈCLE À NOS JOURS : ANALYSES, CRITIQUES, OUTILS
Des journées organisées par Écarlate la Cie et le FAME festival dans le cadre des Collectifs d’association FWB pour la représentativité des femmes dans la Culture.
12 ET 13 MARS 2026 – LA BELLONE
« Ce qu’il y a de certain, c’est que, chaque fois que je joue un rôle, j’ai l’impression qu’il faut que je me rapetisse un petit peu. J’ai l’impression qu’il faudrait maintenant écrire, pour les femmes, des rôles que l’on a toujours écrits pour les hommes, c’est à dire des rôles équivalents de Hamlet, de Macbeth, des personnages où les femmes pensent, où les femmes agissent et qui donnent envie de participer aux choses et d’avoir des vies aventureuses. » Delphine Seyrig
Depuis #Metoo en 2015, ainsi que #MeToo théâtre en 2021, il est clair que le milieu de l’art n’est pas exempt des violences sexistes et sexuelles qui s’exercent dans le champ social. La dénonciation et la mise en lumière des violences est un premier pas dans les luttes féministes dans le théâtre, mais il ne faut pas s’arrêter là. C’est pourquoi nous avons choisi d’interroger les stratégies d’émancipations des interprètes, passées et présente, afin de présenter des réflexions et des modes d’actions mis en place par les interprètes (de théâtre, de danse, de cirque), afin de résister à un milieu qui les confine dans des rôles, des emplois, des pratiques basées sur des stéréotypes de genre.
PROGRAMME 12 MARS 2026
9h30 : Accueil des participant.e.s
10h : Introduction du projet HerStories et de la journée d’étude. Elsa Poisot, Camille Khoury, Karolina Svobodova
10h30 – 11h15 : Conférence Anne Pellois, PR École Normale Supérieure de Lyon
Résumé : À travers une exploration des carrières de trois grandes actrices qui se sont emparées du rôle de Phèdre (Sarah Bernhardt, Maria Casarès, Valérie Dréville), je propose d’analyser la manière dont l’âge des actrices influence leur distribution dans certains rôles ou la perception de leurs carrières, leurs choix personnels, leurs relations avec les metteurs et metteuses en scène ou la fonction de mise en scène, leurs rapports à la transmission et à la pédagogie.
11h15 – 11h45 : Échange avec le public.
11h45 – 13-30 : Pause déjeuner
13h30 – 14h15 : « 7 femmes en scène. Émancipations d’actrices » – Conférence Juliette Riedler. Docteure en Études théâtrales, metteuse en scène, actrice, libraire.
Résumé : À partir du geste de 6 actrices ayant marqué les scènes depuis la Belle Époque à nos jours, je propose une constellation pour étudier différents actes d’émancipation. En reconstituant quelques moments clés dans le parcours de la poétesse grecque archaïque Sappho, d’Yvette Guilbert, Isadora Duncan, Colette, Sarah Bernhardt, Zouc, Angelica Liddell, je propose de constituer une généalogie féminine de l’émancipation par la scène, à l’usage du temps présent.
14h15-14h45 : Échange avec le public
14h45-15h : Pause
15h-16h30 : Table ronde : « Comédiennes belges contemporaines : quelles stratégies d’émancipation ? »
Avec Babetida Sadjo, Laurence Warin, Florence Minder, Deborah Rouach, Jeanne Dandoy, Sophie Senecaut.
Modération, Karolina Svobodova, enseignante au département Arts du spectacle, Université Libre de Bruxelles.
PROGRAMME 13 MARS 2026
10h : Accueil des participant.e.s
10h30 – 11h15 : « Le travestissement comme stratégie d’émancipation : de Virginie Déjazet à Sarah Bernhardt ».
Conférence Camille Khoury, Docteure en Études théâtrale, chercheuse associée au laboratoire LLA-CREATIS, Université de Toulouse 2 Jean Jaurès, directrice du festival FAME.
Entre 1830 et 1880, les pratique et imaginaires du travestissement sont marquées par une recrudescence du travestissement féminin sur la scène et dans la littérature romanesque. Les représentations du travestissement féminin sont, comme toutes les représentations de transgression de classe conformément à l’esthétique romantique, traversées par une profonde dualité entre le collectif et l’individu, entre la norme et l’exception. Sur scène, dans la fiction et dans le théâtre social, le travestissement est strictement normé par des règles esthétiques et politiques qui semblent lui ôter tout potentiel subversif, notamment dans le vaudeville. Néanmoins c’est par le jeu et par la mise en place de stratégies de construction de soi entremêlant personne privée et persona théâtrale que certaines actrices font du travestissement la scène d’une lutte de pouvoir, un contre-dispositif de résistance aux normes de genre, de jeu et de sexualité.
11h15 – 11h45 : Échange avec le public.
11h45 – 13-30 : Pause déjeuner
13h30 – 14h15 : Scènes féministes – mouvements féministes et émancipation des actrices.
Conférence Lorraine Wiss, Docteure en Etudes théâtrales – Université Lyon 2 Lumière.
À partir de son ouvrage Scènes féministes : histoire d’un théâtre militant dans les années 1970, Lorraine Wiss présentera une analyse des enjeux politiques et esthétiques des théâtralités féministes des années 1970 en France. Il s’agira de décrire dans un double mouvement, une histoire des pratiques spectaculaires des militantes féministes ainsi qu’une histoire féministe des metteuses en scène, comédiennes et compagnies de théâtre de l’époque. Ainsi, elle donnera à voir comment les mouvements féministes ont influencé les esthétiques théâtrales, mais aussi quels ont été les modes d’organisation des femmes de théâtre pour informer, dénoncer et résister, non seulement sur scène mais aussi dans la défense des droits sociaux.
14h15-14h45 : Échange avec le public
14h45-15h : Pause
15h-16h30 : « Circassiennes – du solo aux collectives »
Conférence Marion Guyez, MCF Arts de la scène, Université de Toulouse Jean Jaurès, équilibriste et dramaturge en cirque
Jongleuses, clownes, cordelistes, équilibristes, contorsionnistes, porteuses, voltigeuses, acrodanseuses, machinistes, trampolinistes, funambules, sanglistes, fil-de-féristes, les circassiennes sont nombreuses. Chaque discipline de cirque fonde une identité artistique forte, avec une histoire, des héritages, des références, des lignées, des habitudes et, inévitablement, leur lot de préjugés sexistes et de normes de genre souvent bien spécifiques en fonction du degré de féminisation de la discipline et des qualités physiques couramment mises en avant dans ces pratiques. A partir d’une série d’études de cas principalement issus du cirque contemporain en Europe, nous présenterons deux façons pour les circassiennes de mener une carrière au plus près de leurs propres désirs et d’affirmer leur vision du cirque : le choix de la création d’un spectacle en solo d’une part et celui de la formation de « collectives » d’autre part.
Tout au long de la journée, une facilitation graphique sera réalisée en live par l’illustratrice Marie Dubois
Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.