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Scapin 68

Thierry DEBROUX

En bref

Des Fourberies plongées dans l’atmosphère de Mai 68

Clôture le 05/01/2018
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En pratique

Deux rôles (Léandre & Hyacinthe) sont ouverts aux membres du Centre des Arts scéniques.

Rencontre Professionnelle: du lundi 29 janvier au vendredi 02 février 2018. Date limite d’inscription: vendredi 05 janvier 2018

Répétitions: du 9 août au 12 septembre 2018.

Représentations: au Théâtre Royal du Parc du 13 septembre au 26 octobre, au Théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve) du 6 au 16 novembre, à Arlon les 20 et 21 novembre, au Wolubilis (à Bruxelles) les 23 et 24 novembre, à Liège : du 28 novembre au 8 décembre 2018.

Une production du Théâtre Royal du Parc

 

A propos de Thierry DEBROUX

Thierry Debroux est né en 1963 à Bruxelles.
Acteur, auteur et metteur en scène, il est issu de l’INSAS (Institut National Supérieur des Arts du Spectacle).
Il a été nommé directeur du Théâtre Royal du Parc pour succéder à Mr Yves Larec, et ce au 1er juillet 2011.
Il travaille actuellement pour France Télévision (adaptation des romans d’Agatha Christie pour France 2, adaptation d’un roman de Pascal Garnier pour France 3, documentaire-fiction sur la greffe du cœur pour France 2).
Il a reçu le Prix du Meilleur Scénario pour son film « Le silence des églises », qui a reçu également le Prix du Public (Meilleure fiction) et le Prix de la Meilleure Musique. Ce film a également été nommé au Prix Europa de la Meilleure Fiction 2013, à Berlin.
Il écrit depuis 30 ans pour le théâtre. Quatre fois nommé Meilleur Auteur, il reçoit la récompense pour « La poupée Titanic » en 2000.
On lui doit aussi « Eros Médina » (trois nominations en 2007), « Le Roi Lune » (trois nominations en 2005), « Le livropathe » (quatre nominations en 2003)… en tout une quinzaine de pièces dont la plupart sont éditées chez Lansman.
Il a reçu en 2006 le Prix du Parlement de la Communauté française pour sa pièce « Le Roi Lune ».
Il a mis en scène une vingtaine de spectacles, dont sa pièce « Termini Roma » (prix du Meilleur Spectacle Jeune Compagnie), la création en français de « Jascha » de Yasmina Reza (prix du Meilleur Acteur pour Patrick Descamps), « L’atelier » de Jean-Claude Grumberg (3 nominations dont Meilleur Spectacle), « Le tour du monde en 80 jours », « Les Misérables », « L’Odyssée », « Dom Juan », « Les Trois Mousquetaires », « L’île au Trésor » et tout récemment « Hamlet » avec Itsik Elbaz.

Distribution

Avec: Julien BESURE (Octave), Thierry JANSSEN (Argante), Othmane MOUMEN (Scapin), Bénédicte PHILIPPON (Zerbinette), Benoît VAN DORSLAER (Géronte) & Simon WAUTERS (Sylvestre)

L’approche des rôles par le metteur en scène

Pour ce spectacle, je cherche deux acteurs, un jeune homme et une jeune femme, pour incarner les rôles de Léandre et de Hyacinthe.
Léandre est le fils de Géronte, le vieillard célèbre par sa réplique culte « Mais que diable allait-il faire dans cette galère ? ». Réplique qui n’est pas de Molière d’ailleurs. C’est un emprunt à une pièce d’un certain Cyrano de Bergerac.
C’est un « gosse de riche » élevé dans les beaux quartiers qui fait la fête quand le père est absent et qui tremble quand le père revient. Il est tombé fou amoureux de Zerbinette. Hyacinthe est une jeune fille pauvre mais nous apprendrons à la fin de la pièce qu’elle est la fille d’un homme très riche.
Le défi que j’ai envie de relever c’est de rendre ces deux rôles de jeunes premiers plus denses et plus complexes, sans alourdir bien entendu un texte qui reste une comédie.
Souvent, chez Molière, les jeunes premiers sont fades et sans épaisseur. J’ai envie d’en faire deux jeunes gens à qui la jeunesse d’aujourd’hui puisse s’identifier. Du sang coule dans leurs veines… Ils ne sont pas que des pantins manipulés par leurs pères ou par Scapin.
Je n’ai aucun à priori concernant le physique de ces personnages. Ce sont deux jeunes de mai 68.
Pour l’audition, j’aimerais que les filles, comme les garçons, me proposent deux « look » diamétralement opposés mais crédibles. Allez voir la façon dont les jeunes de la fin des années 60 s’habillaient et imaginez-vous dans ces années-là, en baba cool, hippie, etc..
Mais proposez-moi aussi une tenue beaucoup plus stricte. Un fils de bonne famille, étudiant à la Sorbonne pour les Léandre. Une fille issue d’un milieu très populaire pour les Hyacinthe.
Thierry Debroux

Note d'intention

Il s’agit du texte de Molière. Ce n’est pas une adaptation, même si je plonge les personnages de cette comédie dans l’atmosphère de Mai 68. Ce spectacle s’inscrira dans le cadre d’une manifestation/commémoration organisée par la Ville de Bruxelles autour des mouvements de 68.
Les Fourberies de Scapin me semblaient convenir parfaitement pour faire écho à cette période mouvementée qui vit s’affronter deux générations.
Dans la pièce de Molière, la jeunesse est confrontée à l’injustice des pères qui veulent marier leurs fils sans tenir compte des sentiments de ceux-ci. Il y a donc un immense conflit de génération et c’est un thème récurrent dans son œuvre.
Au début de la pièce, les pères sont en voyage depuis plusieurs mois. Les fils sont tombés amoureux et vivent une vie très libre (très baba cool dirions-nous). Mais les pères reviennent brusquement. Il faut vite effacer les traces de la fête… les bouteilles qui traînent, les tenues vestimentaires plus légères…
Les jeunes gens sont paniqués et n’osent encore se révolter. Il faudra toute la malice, la fourberie de Scapin pour amener les pères à accepter des mariages d’amour.
Encore que les pères n’ont finalement aucun effort à faire car, par un tour de passe-passe (dont se sert souvent Molière), les jeunes amoureuses se révèlent être celles que les pères voulaient donner comme épouses à leurs fils. Tout est bien qui finit bien pour tout le monde et les jeunes gens rentrent dans le rang… Les soixante-huitards deviendront à leur tour, en vieillissant, les nouveaux « vieux cons ».
Tous les mots seront de Molière mais les personnages seront habillés comme en mai 68, même si, de ci de là, des éléments de costume d’époque viendront se mêler à la modernité des tenues.
Musicalement, nous nous amuserons à reprendre des grands tubes (surtout anglo-saxons) des années 60 en y mêlant également des variations à la guitare électrique de musiques composées à l’époque de Molière.
Ce sera donc très haut en couleur, très rythmé…

Préparation de la rencontre

Pour aborder cette rencontre dans les meilleurs conditions ils vous est bien sûr demandé de lire la pièce.

Et pour le premier tour en particulier, il vous est demandé de présenter:

1) La scène entre Octave et Hyacinthe que vous trouverez ci-dessous (Peu importe que ce ne soit pas le rôle de Léandre). Je vous propose le canevas suivant :
Quand la scène commence, Octave et Hyacinthe font la fête. Ils écoutent de la musique, dansent, boivent… enfin bref… ils font la fête. Ils ne savent pas encore que les pères sont de retour. Surgit Sylvestre (vous trouverez un camarade pour le rôle) qui apprend la nouvelle d’abord à Octave, puis à Hyacinthe. La fête est finie. Tout est gâché. L’angoisse monte ! Pendant cette scène, ils changent de tenue et font le ménage. Il ne faut pas que les pères voient le « bordel » qu’ils ont mis !

***
HYACINTE.- Ah, Octave, est-il vrai ce que Silvestre vient de me dire ? Que votre père est de retour, et qu’il veut vous marier ?
OCTAVE.- Oui, belle Hyacinte, et ces nouvelles m’ont donné une atteinte cruelle. Mais que vois-je ? vous pleurez ! Pourquoi ces larmes ? Me soupçonnez-vous, dites-moi, de quelque
infidélité, et n’êtes-vous pas assurée de l’amour que j’ai pour vous ?
HYACINTE.- Oui, Octave, je suis sûre que vous m’aimez ; mais je ne le suis pas que vous m’aimiez toujours.
OCTAVE.- Eh peut-on vous aimer, qu’on ne vous aime toute sa vie ?
HYACINTE.- J’ai ouï dire, Octave, que votre sexe aime moins longtemps que le nôtre, et que les ardeurs que les hommes font voir, sont des feux qui s’éteignent aussi facilement qu’ils
naissent.
OCTAVE.- Ah ! ma chère Hyacinte, mon cœur n’est donc pas fait comme celui des autres hommes, et je sens bien pour moi que je vous aimerai jusqu’au tombeau.
HYACINTE.- Je veux croire que vous sentez ce que vous dites, et je ne doute point que vos paroles ne soient sincères ; mais je crains un pouvoir qui combattra dans votre cœur les tendres sentiments que vous pouvez avoir pour moi. Vous dépendez d’un père, qui veut vous marier à une autre personne ; et je suis sûre que je mourrai, si ce malheur m’arrive.

***
2) Une chanson en anglais des années 60 (début des années 70).

Thierry Debroux