Logo

Rencontre professionnelle avec Denis Laujol pour Paradis

En bref

Clôture le 24/02/2026
Je m'inscris

La réécriture d’un mythe grec par Kae Tempest, l’une des voix les plus emblématiques de la scène actuelle.
Sur la plage d’une île dévastée, au milieu des déchets, des drones et des fumées toxiques, des femmes ont établi un campement. Une communauté, qui protège, soigne, nourrit, réchauffe.
Dans une grotte toute proche survit un homme seul, Philoctète, soldat blessé, trahi et abandonné là par son général Ulysse, quelque dix ans auparavant. Aujourd’hui, Ulysse revient sur cette île pour tenter de convaincre le vieil archer déchu de retourner au combat. Mais les héros sont des mythes, et peut-être que les mythes eux-mêmes finissent par s’user. Peut-être que nous sommes fatigué.es des sempiternelles histoires sanglantes des héros, qu’il faut maintenant raconter l’histoire du chœur…
Les femmes de ce chœur ne se contentent pas de commenter l’action, elles en sont protagonistes. “Elles portent les traces de leurs épreuves passées, mais ne doivent jamais être jouées comme des victimes”, nous dit Kae Tempest.
Il y a dans ce texte visionnaire, écrit en 2021 et monté pour la première fois en français, la misère de Lampedusa ou de Calais, la violence de Gaza ou de Minneapolis, l’arrogance coloniale, l’extinction de masse qui s’annonce, mais aussi de lumineuses portes de sortie, celles de l’entraide, de l’empathie, de l’humour, du rapport au vivant, bref, au beau milieu de l’enfer : le paradis.
Pas pleurer, disait Lydie Salvayre. La joie que Kae Tempest appelle de ses vœux plusieurs fois dans la pièce. La joie qui naît de la solidarité humaine, d’une communauté bienveillante, résistante, et vivante, encore. La joie, enfin, qui naît du plaisir de pouvoir encore faire du théâtre, ensemble.

En pratique

Dates de la rencontre : du 16 au 19 mars 2026 (présence sur tous les jours)

Horaires : 10-17h 

Lieu : Quai 41, rue des Coteaux 41, 1210 Saint Josse-Ten Noode

 

Répétitions : du 16 novembre au 12 décembre 2026 à Projection Room, rue de Praetere 55, 1180 Bruxelles (Uccle-Bascule)
– du 12 décembre 2026 au 4 janvier 2027 (générale publique) au Théâtre de Poche à Bruxelles

Représentations: du 5 au 23 janvier 2027 au Théâtre de Poche
– du 2 au 6 (ou 7) février au Théâtre des Martyrs à Bruxelles

un projet de la compagnie Ad hominem et du Théâtre de Poche, coproduit par le Théâtre des Martyrs, avec le soutien de la FWB, de la COOP asbl et du Centre des Arts Scéniques

A propos de

Depuis 2009, Denis Laujol a adapté à la scène (et parfois aussi joué) de nombreux textes non-théâtraux, romans, essais, récits de vie… Les constantes de son travail sont un questionnement politique permanent, l’amour profond du jeu et des acteur-ices, la colère comme principal carburant, l’humour comme planche de salut. À la question «pourquoi faire du théâtre?», il répond invariablement: «pour être moins seul».
Quelques créations : Mars, d’après F. Zorn; Grisélidis, d’après G. Réal; Porteur d’eau, joué par lui-même et écrit avec L. Wanson ; Pas pleurer, d’après L. Salvayre; Fritland, écrit et joué avec Z. Laci; Le champ de bataille, d’après J. Colin; Je ne haïrai pas, d’après I. Abuelaish; Kung fu, avec E. Guillaume; Silence du choeur, d’après M. Mbougar Sarr, pour M.-A. d’Awans.

Distribution

Avec: Nicole Bongo-Letuppe, Noé Castanier, Denis Lavant, Estelle Marion, Thi-mai Nguyen, Elena Perez, Alexandre Trocki
Mise en scène: Denis Laujol
Assistante: Sophie Jallet
Collaboration artistique: Julien Jaillot
Scénographie-costumes: Claire Farah
Vidéo: Lionel Ravira
Son: Marc Doutrepont
Nous recherchons encore trois actrices pour compléter le Choeur.

Note d'intention

“Philoctète : Notre pays n’est rien d’autre qu’un berceau pour la tyrannie. (…) Tu veux que j’aille me battre ? Aucune croyance, aucune humilité, aucune conscience, aucune reconnaissance, aucune gratitude, aucune gentillesse, aucune substance. Trop d’égoïsme. Du vide et des échos du vide. Même si nous y retournons et que nous sauvons la mise, ce bordel ne fera qu’empirer, et nous finirons par nous piéger nous-mêmes en nous jetant dans le fascisme, puis hors du fascisme, et à nouveau dans le fascisme sous un autre nom, dans le génocide, puis hors du génocide, et à nouveau dans le génocide sous un autre nom…”
L’envie impérieuse de monter ce texte m’est venue de deux choses: le profond sentiment d’impuissance que je ressens face à l’actualité de ce monde, et le fait de côtoyer chaque jour dans notre maison des exilés que nous hébergeons, victimes de politiques mortifères.
Comment leur faire face, ici et là-bas?
Comment sortir de l’impuissance?
Au milieu du désastre climatique, guerrier, causé par la cupidité et la volonté de puissance des « héros », le chœur féminin de Paradis sort victorieux.
« Quand tout sera détruit, qu’un brouillard de fin du monde recouvrira la terre, il restera toujours les habits tâchés de sang des héros. » écrit Koltès.
Je ne crois pas aux héros. Les héros sont des mythes.
 »Philoctète : Je ne suis pas Philoctète. Philoctète est une histoire que les gens racontent sur un homme qui n’a jamais existé. »
L’histoire interminable des méfaits de ceux qui se prennent pour des héros, ou que nous élevons nous-mêmes au rang de héros pour masquer nos propres faiblesses pourtant toutes humaines, devrait pourtant nous inciter à chercher d’autres récits que ceux des chasseurs, des soldats, des bouchers. Comme le dit Alice Zeniter dans Je suis une fille sans histoire, « Une bonne histoire aujourd’hui encore, c’est souvent l’histoire d’un mec qui fait des trucs. Et si ça peut être un peu violent, si ça peut inclure de la viande, une carabine et des lances, c’est mieux… »
Kae Tempest est multiple, et le revendique. Iel est tout aussi fasciné.e par l’éternelle histoire pourrissante des chasseurs et des guerriers, de leurs trahisons, leurs désir de mort et de vengeance, que par celle, pacifique, des cueilleuses et guérisseuses, qui portent peut-être aujourd’hui, au temps des Trump, Poutine ou Netanyahu, le seul espoir du monde.
Brûler l’arc d’Hercule.
Déposer les armes, se dépouiller de la possibilité même d’acquérir le pouvoir, ou de faire la guerre, définitivement. En avoir le courage. Ne pas l’enfouir, cet arc, ne pas l’envoyer au loin ou le confier à quelqu’un, non.
Le brûler.
Ne plus rien avoir à faire avec lui.
Ne plus dominer personne.
Au milieu des détritus et des fumées toxiques, s’entraider, protéger les plus fragiles, soigner les blessures, cueillir ce qui peut encore fleurir et mûrir, boire une bière avec ses copaines, et rire.
Cette île, c’est notre Terre, ravagée, et désertée par les dieux. Nous vivons, et d’autant plus ces derniers mois, dans la sensation de l’imminence de la guerre et de la catastrophe. Ce qui se passe à Gaza, en Ukraine, au Congo ou ailleurs nous ramène à des degrés de cruauté auxquels nous espérions ne jamais assister de notre vivant.
C’est un enfer.
Mais il n’y a pas d’autre monde.
Cette pièce n’est pas tout à fait une tragédie.
Le feu continue de brûler, et contempler un feu ensemble, même au milieu de l’enfer, c’est peut-être aussi ça, le paradis.
Cette pièce et ces femmes sont lumineuses.
Leurs noms ne sont pas choisis au hasard. Ils signifient  »Jasmin »,  »Sud »,  »Paix », « Brillante »,  »Vertueuse », « Pure », »Joyeuse, lumineuse ». Si nous avons une petite plus-value à apporter modestement avec notre version  »belge » de cette pièce, ce serait la joie, l’humour et l’amour du jeu.

Préparation de la rencontre

Nombre de JAC sélectionné·es : 3

Précisions sur les profils : Nous recherchons trois comédiennes, qui compléteront le chœur, et qui seront présentes sur le plateau durant toute la durée de la représentation. A compétence égale, nous donnerons priorité aux personnes racisées, car il y a une dénonciation des guerres coloniales dans ce texte, mais cela ne doit pas être un frein à la participation de tout le monde. Les principales compétences recherchées sont le plaisir de travailler en groupe, la patience, la bonne humeur, l’humour et l’attention aux autres. Une conscience politique et une habileté dans le travail textuel seront un plus.

Préparation : Toutes les participantes doivent avoir lu le texte de la pièce envoyé par mail.
Merci d’envoyer votre CV et une capsule vidéo de 3-4 min max, dans laquelle vous vous présentez rapidement (1min max) puis vous nous faites part de vos impressions sur la pièce, en quoi elle vous a plu ou pas plu, en quoi elle vous parle intimement et politiquement, vos intuitions, vos réflexions…pas besoin de chercher à dire des choses hyper pointues, hyper intelligentes ou originales, le plus important est d’être la plus sincère et proche de soi possible.

Cette vidéo est à envoyer en lien Drive / YouTube + CV à l’adresse rencontres@arts-sceniques.be avant le 24 février 23:59

Conditions de participation

1. Être inscrit·e au Centre des Arts scéniques, promotions ’23, ’24 ou ’25 et avoir publié votre profil

2. Être libre aux dates de la rencontre et des dates de création.

3. Avoir lu et accepté de respecter le règlement des rencontres professionnelles

4. Respecter la date de clôture des inscriptions le 24 février à 23:59

5. Avoir sa résidence fiscale en Belgique (pour cause de Tax Shelter)