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Belgium Best Country

Julie Annen

En bref

On parlait peu : What’s your name ? Not too cold ? Hungry ? Drink ?

8000 familles de hors-la-loi : un véritable mouvement

On parlait peu : What’s your name ? Not too cold ? Hungry ? Drink ? Les premières fois, j’ai essayé plus. Vous savez, comme ces taximen qui vous racontent leur vie et veulent tout savoir de la vôtre. Je voulais mon shoot d’anecdotes. Je voulais qu’ils me racontent. Parce que je voulais des trucs à raconter. C’était mon tarif : la course ne coûtait pas un balle mais il fallait me payer en frissons : Libya, torture… Italy, very bad, war. Et puis le happy end : Belgium, best country, best people.

En 2019, des bénévoles ont proposé quelques 50.000 nuitées à des migrants qui ont ainsi pu dormir à l’abri et ce, à travers tout le pays. On estime les familles hébergeuses belges à plus de 8000, qui ont accueilli au moins une fois un migrant chez elles. Plus qu’un toit et de la nourriture, ces familles, en les logeant, protègent les migrants des arrestations arbitraires et expulsions à répétition. 8000 familles de hors-la-loi : un véritable mouvement…
Edgar Szoc, chroniqueur impertinent à la RTBF, nous fait entendre ici la multiplicité des voix de ces hébergeur·euses. Et parle des migrations à travers le regard de celles et ceux qui accueillent. Ces hébergeur·euses qui tentent de trouver une forme d’intégrité à travers des sentiments fatalement ambivalents, tiraillé·es entre leur éthique et leur réalité quotidienne (et émotionnelle).
Belgium, best country est l’hommage que nous rendons, aujourd’hui, avec un peu de recul, à ces hébergeur·euses. Il est également un spectacle sur le vivre-ensemble, un acte finalement moins simple qu’il n’y parait.

C’est étrange, l’hébergement. On donne un peu, un tout petit peu… Et ça fait apparaître toute notre richesse. J’ai un aspirateur de table… Un aspirateur de table, bordel ! Comment vous expliquez l’aspirateur de table à un Soudanais ?

En pratique

Audition:
du vendredi 28 au lundi 31 aout 2020 au KJbi, Rue Kessels 18 à 1030 Schaerbeek.

Premier tour : passage individuel le vendredi 28 ou le samedi 29 août.

Deuxième tour : le dimanche 30 et le lundi 31 août de 10h à 17h.

Julie Annen sera disponible à vous rencontrer si vous n’êtes pas libre aux différents tours ainsi que pendant les répétitions et création annoncées. Merci de nous le préciser en commentaire lors de votre inscription. Notez que si vous êtes dans ce cas, le passage de votre monologue se fera en fin de journée (entre 16h et 18h), nous vous invitons à vous inscrire directement dans cette tranche horaire. Il est évident que vous ne pourrez cependant pas postuler pour le rôle si vous n’êtes pas disponible au deuxième tour et/ou aux répétitions.

Répétitions : du 14 au 25 septembre 2020 et du 1er février au 1er mars 2021 à Bruxelles

Création au Théâtre de Poche de Bruxelles du 02 au 26 mars 2021

A propos de Julie Annen

Née à Genève en 1980, j’apprends dès ma plus tendre enfance à vivre à cheval entre deux pays, deux patries, deux mentalités, deux univers. Il est étonnant de constater à quel point deux pays qui parlent la même langue ont des façons de penser à ce point différentes.
En 1989, suite à la crise économique, ma famille perd l’ensemble de ses biens et se retrouve à vivre dans une grande misère : à cinq dans un camping-car, perché sur un bout de terrain à la montagne, faisant face aux préjugés des un·es, à la cruauté des autres autant qu’au manque de nourriture, de chauffage, d’aide.
Seul phare dans ce marasme : le théâtre, lieu de catharsis mais aussi des possibles, d’un autre réel, de l’utopie, d’une fuite aussi, sans doute. À 14 ans, adolescente plutôt solitaire, je fonde l’atelier théâtre de mon école et l’animerais jusqu’à l’obtention de mon baccalauréat en 1998.

Après une année de conservatoire de théâtre à Lausanne (Suisse), année de résistance à une pédagogie pompeuse et moribonde, et une autre année de travail acharné pour faire des économies afin de pouvoir quitter mes pays, j’intègre l’INSAS à Bruxelles, dont je sors en 2005, diplôme en poche et maman d’un petit garçon d’un an.
Pendant mes études, je travaille en centres de détention, dans le cadre du programme de Justice Réparatrice, auprès des détenus des prisons de St-Hubert, Marneffe et Jamioulx. J’y réalise des films, y monte des spectacles, y donne des ateliers d’écriture autobiograhique.

En 2006, ma première mise en scène, La sorcière du placard aux balais (avec Nathalie Mellinger, Achille Ridolfi, Peter Palasthy et Anton Tarradellas), est présentée aux Rencontres Professionnelles de Huy d’où elle repartira primée et avec une tournée de plus de 300 dates en Belgique, France, Suisse, Russie et Canada (dans une version solo).

Entre 2006 et 2014, je vis et travaille en Belgique où je donne le jour à mon deuxième fils et mets en scène 15 spectacles dont six créations de ma compagnie : PAN ! (La Compagnie) , entre autres, Ceux qui courent en 2009 (avec Peter Palasthy, Athéna Poullos et Anton Tarradellas) et La petite fille aux allumettes en 2014 (avec Salvatore Orlando, Peter Palasthy, Viviane Thiébaud et Mathieu Ziegler) tous deux primés.
La petite fille aux allumettes, comme d’autres créations de PAN ! (Kilo d’plomb, kilo d’plumes en 2011 avec Emilie Plazolles ou Les Pères en 2011 avec Daniel Marcelin, Achille Ridolfi puis Thierry Helin et Anton Tarradellas), connaît un grand succès avec une tournée nationale et internationale d’environ 300 dates et une traduction en Polonais.

En 2009, je pars vivre trois mois au Québec où je co-réalise mon premier documentaire Quelque part au monde, à ce jour toujours sur la table de montage…

En 2015, je retourne vivre en Suisse pour quelques années. J’y fonde une nouvelle compagnie, Rupille 7 , avec laquelle je créé 4 de mes 5 dernières mises en scène : Une étrange petite ville en 2016, Boulou déménage en 2017, La soupe au(x) caillou(x) en 2019 (avec Thibault De Coster et Charly Kleinermann, ce spectacle a reçu une mention du jury aux Rencontres de Huy 2019 et a été nominé dans la catégorie meilleur spectacle pour l’enseignement primaire au prestigieux festival Momix en Alsace) et CHEVRE/SEGUIN/LOUP (avec Adriana Da Fonseca, Peter Palasthy et Viviane Thiébaud) en janvier 2020.
Toujours au sein de cette compagnie, attachée aux valeurs d’équité des chances et au droit d’accès à la culture, je fonde en 2015 le Carabouquin un outil de médiation culturelle mobile et polymorphe et en 2019 un projet d’accompagnement des publics se rendant au théâtre : La Sortie au Théâtre.

Auteure de 12 textes de théâtre, j’ai la chance d’avoir été éditée aux éditions Lansman avec Les Pères et La petite fille aux allumettes ainsi qu’aux éditions 10sur10 avec À la vie, à l’amour et l’Art de tomber avec panache.
En 2016, j’ai été invitée par Emile Lansman à présenter mon travail pour la jeunesse au magnifique festival international de Sibiu en Roumanie.

En 2018, suite à une résidence d’écriture 10sur10 de deux semaines en Pologne, je pars en Russie pour donner des masterclasses à Tomsk et Moscou .

En 2019, je créé La Soupe au(x) caillou(x), réalise mon premier court métrage, Cogito ergo sum, pour le compte du collège Grand-Champ (Suisse), et mets au monde ma première fille.

Cette année, après la création de CHEVRE/SEGUIN/LOUP (un spectacle sur la liberté individuelle et collective qui s’est révélé très à propos lors de la récente crise sanitaire…) en janvier, il m’a semblé important de m’impliquer vis à vis de la population isolée par la Covid-19, en récoltant et transmettant des messages de soutien : les bouteilles à la mer.

La saison 2020-2021 sera riche avec entre autres deux créations : Ultra-Saucisses au Théâtre des Marionnettes de Genève et Belgium Best Country au Théâtre de Poche de Bruxelles pour laquelle vous êtes invité·es à auditionner.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Julie_Annen
www.panlacompagnie.be
www.rupille7.ch
www.carabouquin.ch
https://savoirs.rfi.fr/fr/apprendre-enseigner/culture/a-la-vie-a-lamour
https://prohelvetia.ru/en/event/february-13-21-tomsk-moscow-master-classes-julie-annen/

Julie Annen

Distribution

Trois rôles sont ouverts aux membres du Centre des Arts scéniques.

Texte : Edgar Szoc
Mise en scène : Julie Annen
Avec : Nathalie Mellinger, Baptiste Sornin, distribution en cours.
Costumes : Prunelle Rulens
Scénographie : Olivier Wiame
Lumières : Marc Defrise

Une coproduction du Théâtre de Poche, de la Coop et Shelterprod. Avec le soutien de Taxshelter.be, ING, du Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge et du Centre des Arts scéniques. En partenariat avec la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés

Note d'intention

En 2017, j’ai entrepris les démarches afin de devenir hébergeuse. L’état suisse a mis en place tout un système pour permettre aux citoyen·nes d’offrir un lieu aux gens en attente d’un permis. Au terme d’un parcours administratif accablant, je me suis lancée dans l’accueil d’un MMNA- Migrant Mineur Non Accompagné : un gosse arrivé ici par ses propres moyens. Tout le monde est prêt à héberger les enfants en dessous de treize ans. En revanche, les jeune hommes de quinze à dix-huit ans, sont parqués dans des centres en attendant de pouvoirs être expulsés à leur majorité, c’est là qu’en mars 2018, Dan est entré dans ma vie, dans nos vies. Notre histoire est atypique. Si on en faisait un film il paraîtrait invraisemblable. Et pourtant… Pourtant, comme beaucoup d’hébergeur·euses j’ai vu les définitions changer, j’ai affronté mes propres naïveté, dépasser mes préjugés… C’est une histoire qui finit bien, puisqu’elle n’est pas terminée. Mais c’est un engagement qui a changé ma vie à jamais.

Sans doute est-ce pour cela que je me sens légitime à donner corps à ces témoignages récoltés et mis en forme par Edgar. Parce que j’ai fait la file auprès de l’aide juridique pendant des heures, joué des coudes pour passer les portes dans les premiers, pleuré dans le bureau de l’avocat pour qu’il prenne notre dossier, fait appel, passé des heures avec la police, contre la police, sans la police, avec les associations d’aide, avec la boule au ventre, la rage au cœur. Parce que j’ai attendu dans la nuit au bord de la route, au volant de ma voiture, le coffre plein de vivres et de produits de première nécessité, pour passer la frontière en douce avec mon joli sourire de mère de famille blanche bien proprette et enceinte jusqu’aux yeux. Parce que j’ai protégé cet enfant qui n’est pas le mien contre le système étatique mais que j’ai aussi dû protéger mes propres enfants contre un autre système dont Dan faisait partie. Parce qu’au final, il n’y a pas de final, seulement des trajectoires qui se croisent, se heurtent, s’évitent. Et parce que cette année pour la fête des mères, Dan m’a envoyé un message comme mes autres fils et que ça m’a paru être le plus beau cadeau que j’ai jamais eu, même s’il a une mère, même s’il ne sera jamais mon fils.

Nous allons donc, ensemble, créer un espace de parole, sans jugement mais avec un point de vue, car en matière d’engagement, et bien que je sois suisse, je ne crois pas à la neutralité. Nous allons offrir un lieu convivial à ces témoignages, où chacun·e d’entre nous pourra lire dans le miroir qui lui sera tendu ses propres questions, l’absence de réponse, le doute, l’audace, la peur : l’humanité, complexe, insaisissable, chancelante à laquelle nous appartenons et qu’il nous importe d’interroger sans cesse pour maintenir la pensée en éveil.

Je pense, et à ce stade du travail cela reste volontairement vague, qu’une partie du travail au plateau sera choral. C’est un genre que j’affectionne particulièrement. Comme le texte est un corpus de témoignages, nous l’utiliserons comme matière brute à faire résonner une fois, dix fois, cent fois, par la répétition, l’opposition la dialogue inter-monologues. Ce travail très précis et rigoureux donnera, (je l’espère car il n’existe aucune formule, aucune recette, seulement des tentatives collectives plus ou moins adroites), une force poétique à ces paroles du quotidien.

Une chose est certaine, je fais confiance aux acteur·rices au plateau, je laisse le réel trouver à travers elles et eux un chemin sur scène, et j’accepte que cela puisse prendre du temps. Je cherche jusqu’aux derniers jours de répétitions, ce qui peut être une pratique stressante tant au niveau de la mémorisation que de la confiance. Même quand je sais où je veux aller, je laisse la porte ouverte à ces imprévus savoureux qui font théâtre souvent malgré nous.
Je recherche donc un·e/des comédien·nes prêt·es à faire confiance à un processus de travail long et exigeant, capables de s’appuyer sur leurs partenaires mais aussi de s’effacer au profit du collectif, assez sûr·es d’elles·eux-mêmes pour ne pas se poser la question de leur légitimité sur le plateau, assez curieux·euses pour oser faire des propositions et assez humbles pour les voir rejetées. Je cherche avant tout à former une équipe plutôt qu’une somme d’individualités et ce sera un facteur déterminant dans le choix des interprètes retenu·es.

Inspiration des photos de Mark Henley :
https://www.markhenleyphotos.com/index/G0000JTFcH9ShGjc/I0000ZR8Ck75FX_I
https://www.markhenleyphotos.com/index/G00006aZH.xTDHo4/I0000NbER6E7VRSQ

Edgar Szoc

Préparation de la rencontre

L’audition se fera en deux tours. Elle est ouverte à toustes sans distinction.

Le premier tour consistera à un passage individuel sur base du même monologue pour tout le monde. Ce passage se fera pour tout le monde en habits de travail noirs. Il s’agit d’un texte extrait du corpus que vous pourrez préparer comme bon vous semble mais en restant le plus possible dans l’économie de moyens : c’est vous que je souhaite voir, pas un emballage, aussi beau, savant ou technologique soit-il. Je souhaite voir vos corps, entendre vos voix, percevoir votre propre interprétation du texte.

Une première sélection se fera à l’issue de ce premier tour.

Le deuxième tour sera un travail choral. Je formerai moi-même les groupes et vous recevrez un ordre de passage. Là, rien à préparer, il s’agit d’une lecture à vue. Vous devez simplement venir avec un crayon gris, une gomme et un taille crayon. Si d’aventure l’un·e d’entre vous souffrait de dyslexie, ou de tout autre handicap rendant l’un des deux exercices impossible, merci de m’en avertir, nous tenterons d’adapter le travail en conséquence.

Je me réjouis de vous rencontrer et de travailler, même simplement deux jours, avec chacun·e d’entre vous.

Le texte se trouve disponible ici.

Les comédien·nes intéressé·es peuvent s’iles le souhaitent  nous faire parvenir une vidéo de présentation (format MP4 uniquement) de 2 minutes maximum d’ici le 2 août sur rencontres@arts-sceniques.be.  La présentation est libre mais se concentre sur vous-même. Les vidéos feront l’objet d’un usage interne et seront protégées par un mot de passe. Celleux qui ne peuvent passer l’audition peuvent tout de même envoyer une vidéo en nous précisant leur indisponibilité pour la rencontre. Petites précisions :  la vidéo ne sera en aucun cas éliminatoire ni sélective pour la rencontre.

Conditions de participation

1. Être inscrit·e au Centre des Arts scéniques, promotions ’17, ’18, ’19 et avoir publié votre profil

2. Être libre aux dates de travail (répétitions et représentations)

3. Être libre toute la durée de l’audition et arriver à l’heure

4. Avoir lu et accepté de respecter le règlement des rencontres professionnelles

5. Respecter la date de clôture des inscriptions au 31 juillet minuit

6. Si vous annulez après le mardi (13h) qui précède le premier jour de l’audition, il faudra en justifier la raison.

A propos de l'auteur

Edgar Szoc est né en 1977. Romaniste et économiste, il mène une carrière d’enseignant-chercheur-traducteur-humoriste. Ces dernières années, parallèlement à ses chroniques sur les ondes de la Première (« C’est presque sérieux »), il a publié un livre sur le complotisme (« Inspirez, conspirez. Le complotisme au XXIè siécle ») et produit son premier spectacle (« Peines perdues »). Il est en outre administrateur de nombreuses associations dont la Ligue des droits humains et la Plateforme de soutien aux réfugiés.