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Qui a peur ?

Aurore Fattier

En bref

Qui a peur ?, un texte de Tom Lanoye, mis en scène par Aurore Fattier

Un théâtre politique/
K. De Sutter : « Ce n’est pas difficile de percevoir que le théâtre dans la pièce n’est qu’une métaphore de notre civilisation contemporaine. Je connais peu de textes contemporains qui soient si chargés politiquement. Dans cette pièce, tous les points de vue, tous les arguments, et les thèmes actuels cohabitent. Tom a écrit une pièce polyphonique, sans indiquer de direction claire. C’est ça, la force du théâtre, quand il est bien écrit: à chaque argumentation, le·a spectateur·ice pense que c’est la vérité, et quand la contre-argumentation arrive, il pense « tiens, ça aussi, c’est vrai. »
(…)
T. Lanoye : « Le théâtre n’est pas fait pour établir des prises de position politiques comme des billets polémiques qu’on trouve dans la presse. Mais créer un théâtre qui ne soit pas chargé politiquement, pour moi c’est impossible, et je ne le ferai jamais. »
T. Lanoye : « Ce n’est pas une adaptation littérale, mais une pièce autonome. »
T. Lanoye: « C’est une tradition européenne de proclamer qu’il faut en finir avec la tradition. J’espère que le public sera conscient de cette ironie. Dans cette pièce, un des personnages déclare que le théâtre est mort. Ça en souligne mieux la nécessité. »
T. Lanoye : « Le conflit entre la vieille garde autochtone et les jeunes étranger·ères est évidemment une métaphore des conflits de notre société. En faisant un petit effort, on peut reconnaître dans les aspirations des vieux·vielles comédien·nes, les revendications des gilets jaunes. »
K. De Sutter: « Il s’agit de la guerre perpétuelle entre la vieille-garde (dont je fais partie) et les révolutionnaires. Les deux sont aussi arrogant·es l’un·e que l’autre. Tous les quatre sont emprisonné·es dans un système dans lequel ils et elles pensent être en « bas de l’échelle. »

L’amour/
– « L’amour est mis à mal dans cette pièce?
– « Was sich liebt, das neckt sich. » « Ce qu’on aime, on le détruit. » Le jeu de l’amour est dur dans la pièce mais ça reste un jeu. Je perçois la beauté de cette lutte. Mais peut être qu’il faut voir la pièce pour le comprendre. »
T. Lanoye: « C’est Roméo et Juliette qui seraient devenu·es vieux et vieilles. Se faire la guerre, c’est la seule manière de déclarer encore son amour. Ils et elles créent cette joute amoureuse d’une manière si brillante, que ça ne peut- être que le signe d’un amour talentueux et profond. »
K. De Sutter : « C’est pendant la durée d’une représentation qu’on est ému·e par leur rapport amoureux: c’est seulement dans la durée qu’on comprend qu’ils et elles ne font que se dire : « je ne peux pas vivre sans toi ». Et cette phrase n’est jamais prononcée dans la pièce. C’est comme la déclaration de John qui dit que le théâtre est mort, alors qu’il mourrait s’il devait arrêter»

EXTRAITS D’INTERVIEW T.LANOYE/K.DE SUTTER, KNACK, 18/09/19

En pratique

Audition:
Du lundi 15 au vendredi 19 juin 2020  au KJbi, Rue Kessels 18 – 1030 Schaerbeek.

Pour des raison sanitaire, le premier tour sera organisé par groupe de 6 durant 1h30. Soit 4 groupes par journée d’audition.

Vous trouverez ICI les mesures sanitaires qui ont été prises concernant l’aménagement du KJbi.

Le deuxième tour sera lui , organisé sur une à deux journées, à définir en fonction du premier tour.

Création :
Répétitions: 6 Mars au 21 Avril 2021 (Théâtre Varia – Bruxelles)

Représentations :
22 avril au 8 mai 2021 (Théâtre Varia – Bruxelles)

Tournée :
Automne 2021-22

A propos de Aurore Fattier

Née en 1980 à Port au Prince (Haiti) et de nationalité française, Aurore Fattier est une metteuse en scène et actrice vivant à Bruxelles.

Depuis ses études de lettres à Paris et un cursus en mise en scène à l’INSAS, elle travaille principalement entre la France et la Belgique autour d’adaptations théâtrales d’oeuvres littéraires classiques et contemporaines.

Ses dernières créations sont La possibilité d’une île de M.Houellebecq (2014), l’Amant, d’H.Pinter (2015), Elisabeth II de T. Bernhard (2016), Bug, de T. Letts (2018) et Othello de W. Shakespeare (tournée, BEL/FR, Annecy, Mulhouse, KVS, Toulouse..)

Aurore Fattier est en résidence artistique et artiste associée jusqu’en 2022 au Théâtre de Liège, de Namur et au Théâtre Varia (Bruxelles).

Sa compagnie, SOLARIUM bénéficie depuis 2018 du soutien d’un contrat-programme de la Fédération Wallonie Bruxelles

Aurore Fattier

Distribution

Mise en scène :
Aurore Fattier

Jeu :
Claire Bodson
Koen de Sutter

Production, SOLARIUM
Production déléguée, THÉÂTRE VARIA
Coproduction Dadanero, Théâtre Varia, Kulturcentrum Mamer (Lux)
Avec l’aide du théâtre des Doms (Avignon) et du Centre des Arts scéniques.

Rôles à pourvoir :
1 rôle féminin et 1 rôle masculin sont à pourvoir par les membres du Centre des Arts scéniques.

« J’étais à priori à la recherche de deux jeunes acteur·rices d’origine « visiblement » et « réellement » étrangère. Tom a fait, pour la version néerlandophone, un véritable travail de recherche documentaire avec les acteur·rices qui ont été choisi- deux hollandais d’origine Turque et Antillaise – (il les a longuement interviewé·es) et s’est inspiré de leur propre vie pour écrire la pièce, consignant notamment leur rapport critique aux institutions théâtrales. Je pensais donc qu’il fallait trouver des acteur·rices ayant souffert de ce type de problèmes de « détermination » puisque nous allons dans notre adaptation, utiliser le même procédé. Néanmoins, je pense qu’il est plus intéressant pour nous d’ouvrir la problématique de manière beaucoup plus vaste et d’entendre ce que les jeunes acteur·rices concerné·es par la problématique ont à dire et à jouer sur ce sujet, et ce, qu’il·elles soient d’origine étrangère ou non.
Je rappelle ici l’argument de la pièce, qui est une réécriture de Qui a peur de Virginia Woolf:
Deux « vieux·vieilles » acteur·rices souhaitent travailler avec deux acteur·rices plus jeunes, qui reçoivent une subvention socioculturelle en raison de leur origine étrangère. Leur première rencontre voit surgir tous les conflits larvés …
Autant dire que la pièce est loin de tomber dans les travers du délit de faciès, du funeste et rétrograde « emploi théâtral » qui sévit dans les productions qu’elles soient télévisuelles ou théâtrales (du genre de « la jeune première », « la racaille », « la grosse », « le handicapé »…) bref la détermination abusive des êtres (hommes et femmes) sur les plateaux de théâtre que nous détestons et contre laquelle nous nous faisons un devoir de lutter. Je pense donc ouvrir le plus possible mon audition à tous les jeunes acteur·rices qui le souhaitent et travailler avec ceux et celles qui se sont senti·es stigmatisé·es et enfermé·es dans une vision déterminée (qu’il s’agisse de l’origine, du genre, du physique..). Et mener avec eux et elles une réflexion sur le sujet. Je rappelle que la pièce est une comédie et qu’elle se joue de tous les clichés en les renversant pour faire éclater la bêtise et les stéréotypes. »

Note d'intention

Qui a peur (Wie is bang) est la dernière pièce de l’auteur belge Tom Lanoye. Sa création récente en Flandres dans la mise en scène de K. De Sutter avec E. Dottermans et H. Kerchoffs vient de remporter un grand succès.

Aurore Fattier et Koen De Sutter, qui forment aussi un vrai couple dans la vie, traduisent et montent la version francophone de la pièce, avec la complicité de l’auteur, pour que le texte soit adapté sur mesure aux acteur·rices de la distribution et à leurs origines: en l’occurrence un couple francophone-flamand, et un jeune couple issu de l’immigration (ou apparaissant comme tel). Il est très important pour eux de présenter ce spectacle tant en Flandres qu’en Fédération Wallonie Bruxelles, de même qu’en francophonie, comme un signal politique fort de collaboration des deux communautés autour du théâtre belge contemporain et d’interroger en toute sincérité l’identité de la Belgique très fortement mise à mal aujourd’hui par les politiques.

Qui a peur (Wie is bang) est une réécriture politique de Qui a peur de Virginia Woolf, d’Albee. Deux vieux·vielles et méchant·es acteur·ices « en fin de carrière » font le point sur leur amour l’un pour l’autre et leur amour du métier. Vivant de leur « gloire » passée, iels veulent gagner beaucoup d’argent avec un classique du répertoire populaire mettant en scène des intellectuel·les obscènes et alcooliques. Toutes leurs productions sont un fiasco à part ce standard outrageux qui continue d’attirer le public. Ainsi, nuit après nuit, ils et elles sont condamné·es à se faire face, toujours dans les mêmes rôles. Seul·es deux membres du casting changent régulièrement: deux acteur·ices plus jeunes qui, après un certain temps et comme leurs prédécesseur·euses, s’en vont en claquant la porte. Cependant, l’État vient à leur secours. Le couple de jeunes acteur·rices suivant reçoit une subvention socioculturelle à condition qu’iels soient d’origine étrangère et de préférence de couleur. Leur première rencontre voit surgir tous les conflits réprimés car les deux nouveaux et nouvelles sont loin d’être dociles et la partie va tourner au jeu de massacre.

Tom Lanoye donne la parole à toutes les voix politiques et opinions actuelles de nos sociétés, et ce sans les juger. La pièce polémique, cruelle, est un véritable exercice de sincérité. Elle fait saillir les blessures politiques et identitaires propres au monde culturel et urbain: le théâtre à l’ère de la post-décolonisation, le conflit de génération, le #metoo dans le monde l’art, le politiquement correct, la relation haine-amour avec le théâtre…le tout avec un humour noir décapant.

Le théâtre apparaît alors comme une métaphore vivante et joyeuse de nos difficultés à cohabiter. Le texte, éminemment polémique, politique, assez violent par certains aspects sur les rapport entre les différentes communautés en Belgique (vieux couple franco-flamand/jeune couple issus de l’immigration) crie tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout bas.

Une ode au théâtre et à l’amour.

Préparation de la rencontre

Pour le premier tour, nous demandons uniquement la préparation d’un monologue, et cela afin de faciliter la tenue de la rencontre.

Préparation d’un monologue pour le rôle féminin – ICI

Préparation d’un monologue pour le rôle masculin – ICI

Pour le deuxième tour, les candidat·es retenu·es seront invité·es par deux à interpréter la scène que vous pouvez trouver ICI. Il ne faut pas préparer cette scène pour le premier tour puisque les couples seront imposés dans un premier temps. Vous pouvez déjà jeter un œil au texte en sachant qu’il faudra l’apprendre assez rapidement si vous êtes sélectionné·es. Il ne sera pas du tout obligatoire de respecter les didascalies étant donné que vous êtes libres de respecter vos distances. Ce choix vous appartient. Bon travail !

Conditions de participation

1. Être inscrit·e au Centre des Arts scéniques, promotions ’17, ’18, ’19 et avoir publié votre profil.

2. Être libre aux dates de travail (répétitions et représentations).

3. Être libre toute la durée de l’audition et arriver à l’heure.

4. Avoir lu et accepté de respecter le règlement des rencontres professionnelles.

5. Respecter la date de clôture des inscriptions au 31 mai  à minuit.

6. Prévenir la chargée de projet avant le vendredi 13h précédent l’audition de toute annulation.